City éditions

  • Les enquêtes de Victor Dauterive T.4 ; l'espion des Tuileries

    Jean-Christophe Portes

    Parution : 14 Novembre 2018 - Entrée pnb : 17 Novembre 2018

    En 1792, la guerre entre la France et l'Autriche éclate. C'est dans ce contexte très explosif que le gendarme Victor Dauterive est chargé d'une délicate mission : escorter un convoi transportant la paye de l'armée, une petite fortune de 500 000 livres. L'affaire tourne au désastre quand le convoi est brutalement attaqué et dévalisé. Dauterive se lance alors sur les traces des voleurs qui sèment des cadavres dans leur fuite. La piste le conduit jusqu'aux Tuileries, au coeur du chaudron révolutionnaire. Le palais, infesté d'espions, est le centre de toutes les convoitises et de tous les complots. Des bas-fonds de la ville au sommet de l'État, entre révolutionnaires et partisans du Roi, le jeune officier va devoir choisir son camp dans un jeu qui pourrait bien devenir mortel...

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  • Vengeances tardives

    Francis Schull

    Parution : 2 Mai 2019 - Entrée pnb : 10 Avril 2019

    Léopoldine, la postière d'Oberwihrheim, découvre en faisant ses dévotions à la Vierge, un cadavre dans le confessionnal de l'église. C'est celui du maire adjoint, tué d'un grand coup sur le crâne. L'homme était aussi un important vigneron de ce village, fleuron de la route des vins d'Alsace. Émule de miss Marple, grenouille de bénitier et quinquagénaire excentrique, Léopoldine se met en tête de découvrir le meurtrier avant le gendarme chargé de l'enquête. Il faut bien reconnaître que l'homme n'est pas un cador ébouriffant d'efficacité... Dans ce village animé par des guerres viticoles sans merci, des ragots tous azimuts et de vilains petits secrets de voisinage, l'enquête s'annonce épineuse. Sans compter qu'un mystérieux corbeau vient semer la zizanie. C'est sûr, Léopoldine a du pain sur la planche... et un petit verre de blanc sur la table !

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  • Les enquêtes de Victor Dauterive T.3 ; la disparue de Saint-Maur

    Jean-Christophe Portes

    Parution : 15 Novembre 2017 - Entrée pnb : 16 Novembre 2017

    En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême. C'est dans ce contexte explosif qu'Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d'aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n'a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire... Plus personne ne s'attend à la retrouver en vie. Enlèvement ? Suicide ? Fuite ? Étrangement, la question semble laisser sa famille de glace. Loin de dissuader le gendarme Victor Dauterive, cette indifférence hostile excite sa curiosité. Et il flaire chez les Ferrières des manigances qui débordent largement le cadre familial...

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  • 1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l'émoi populaire, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie n'a guère le temps de s'en préoccuper  : Lafayette, son mentor, l'a chargé d'arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui appelle au meurtre des aristocrates. Mais la mission tourne vite au cauchemar.
    Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus  ? Existe-t-il vraiment un Comité secret agissant en sous-main pour le roi  ? Et n'y aurait-il pas un lien avec ces corps flottant dans la Seine  ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot, une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution...
      Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.
      Gérard Collard / France 5 - La Griffe noire
    Un nouveau grand du polar historique.
    Séverine Lenté / Blog « Ilestbiencelivre
    L'équilibre parfait entre thriller et Histoire !
    Didier Debroux / La XXVème heure
    Enorme  coup  de  coeur!  A  la  fois  polars  et  romans historiques, les enquêtes de Victor Dautrive combinent avec jubilation le meilleur de ces deux mondes.
    Prix Lions Club du premier roman 2016

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  • Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l'exception d'une paire d'escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que la victime fréquentait les milieux homosexuels et travaillait pour un journal politique, l'affaire prend une tout autre tournure.
    Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié à des intrigues touchant le plus haut niveau de l'État. Depuis la fuite à Varennes, Louis XVI a été suspendu de ses fonctions et, dans l'ombre, le parti du duc d'Orléans fait tout pour s'emparer du pouvoir.
    Entre aristocrates et révolutionnaires, Dauterive ne sait plus à qui faire confiance. La corruption, l'avidité et les trahisons sont monnaie courante et le danger est à chaque coin de rue. Surtout quand on s'approche un peu trop près de la vérité...
      Une nouvelle enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.
      Gérard Collard / France 5 - La Griffe noire
    Une révélation du polar historique.
     
    Jacqueline Pétroz / France Inter
    Pour faire un bon polar historique, il faut de la rigueur, du savoir et du style. Ici il y a tout.
    Isabelle MIty / Historia magazine
    Ni les protagonistes ni le lecteur n'ont le temps de souffler dans cette aventure menée tambour battant au coeur de la poudrière révolutionnaire.
    Prix Polar Saint-Maur en poche 2018

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  • Madame la marquise et les gentlemen cambrioleurs

    Frédéric Lenormand

    Parution : 11 Octobre 2017 - Entrée pnb : 11 Octobre 2017

    À l'automne 1908, l'extravagante marquise Casati s'installe au Ritz avec son léopard, ses lévriers, son perroquet, ses singes et son boa. Rien que de très normal. Mais son séjour est troublé par une série de vols et d'assassinats.
    Les riches hôtels particuliers de la place Vendôme sont méthodiquement cambriolés. Quant à la boutique Van Cleef & Arpels, elle a été pillée au nez et à la barbe des bijoutiers  ! Sans parler de cet homme assassiné sur le toit du Ritz...
    La marquise Casati, une sorte d'Hercule Poirot qui aurait troqué le chapeau melon pour une crinière écarlate, et les bonnes manières pour l'exubérance d'une Italienne indomptable, mène l'enquête. Et elle ne tarde pas à contrarier les projets d'Alfred Lupin, ennemi public numéro 2 et frère du célèbre gentleman cambrioleur...
    Une enquête dans le Paris du début du XXe siècle.

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  • Mort d'un académicien sans tête

    Gilles Schlesser

    Parution : 23 Août 2017 - Entrée pnb : 26 Août 2017

    Lorsque le journaliste Oxymor Baulay arrive à l'Académie française pour écrire un article sur Edmond de Rohan-Soubise, il s'attend à une interview de routine. Certainement pas à se retrouver nez à nez avec le corps décapité du vénérable auteur d'une saga best-seller ! Intrigué par cette mise en scène sordide, le journaliste découvre que, loin de son image publique, l'Académicien menait une double vie, entre nuits parisiennes endiablées et recours à des ghost writers pour écrire ses livres. Crime crapuleux ? Maître-chanteur ? Concurrent jaloux ? Acte terroriste ? Le journaliste-enquêteur se retrouve dans un imbroglio de pistes contradictoires qui vont sacrément secouer le petit monde feutré des lettres parisiennes...

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  • Tout feu, tout flamme

    Richard Castle

    Parution : 26 Septembre 2018 - Entrée pnb : 27 Septembre 2018

    La détective Nikki Heat vient enfin d'être promue capitaine de la police new-yorkaise. Juste à temps pour prendre en charge l'une des affaires d'assassinat les plus épineuses de sa carrière. Un cas passionnant et d'autant plus difficile qu'il prend une dimension très personnelle.
    Son fiancé, le charmant et insupportable journaliste Jameson Rook connaissait les victimes et il enquête de son côté. Son ingérence dans l'affaire se révèle problématique, au point que Rook devient carrément un obstacle à l'enquête.
    Alors qu'un terrible ouragan frappe New York, Nikki Heat se bat contre une troupe de mercenaires fanatiques et affronte l'homme qu'elle aime. Résoudre cette terrible affaire de meurtre risque de mener aussi à la mort de leur relation...
     
    Les thrillers de Richard Castle en poche.

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  • Une affaire de sang

    Macbird Bonnie

    Parution : 13 Septembre 2017 - Entrée pnb : 13 Septembre 2017

    Londres, 1888. Sherlock Holmes est déprimé après une enquête désastreuse. Même son fidèle Watson ne parvient pas à le sortir de la léthargie dans laquelle l'enquêteur de choc s'enfonce. Jusqu'au moment où une lettre lui parvient depuis la France. Elle est signée de Mademoiselle La Victoire, une star de cabaret, qui a besoin de l'aide de Holmes. Le fils illégitime qu'elle a eu avec un lord anglais vient en effet d'être enlevé.
     
    A Paris, Holmes découvre que cet enlèvement n'est que la partie émergée d'une affaire tentaculaire. Une inestimable statue a été dérobée et des enfants employés dans une usine de soie disparaissent les uns après les autres. Les indices conduisent à un seul et même homme qui semble intouchable. Et extrêmement dangereux...
    Une nouvelle aventure inédite de Sherlock Holmes.

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  • Mamie cherche les embrouilles

    Mario Giordano

    Parution : 22 Mars 2017 - Entrée pnb : 4 Juillet 2017

    A tout juste 60 ans, mamie Poldi est fatiguée : tout ce qu'elle veut, c'est aller quelque part au soleil pour terminer sa vie. Donc, direction la Sicile, la terre natale de Peppe, son défunt mari. Là, le soleil brille, la nourriture et les vins sont délicieux et sa belle-famille respire la joie de vivre. Difficile de se résigner à mourir...
     
    Quand Valentino son jeune jardinier est assassiné, Mamie Poldi décide de démasquer le meurtrier. Elle se lance dans une folle enquête où elle croise des membres de la Mafia, l'excentrique descendante d'une famille d'aristocrates français et une foule de personnages plus ou moins recommandables...
     
    Et, malgré les intimidations, pas question de renoncer. Même quand le beau commissaire Montana se montre très contrarié de la voir fourrer son nez partout où elle ne devrait pas...
    La première enquête de Mamie Poldi, une enquêtrice de choc délurée : irrésistible !

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  • Retiens ton souffle

    Seddon Holly

    Parution : 14 Mars 2018 - Entrée pnb : 15 Mars 2018

    Cela fait quinze ans qu'Amy est dans le coma, couchée sur un lit d'hôpital. Adolescente, elle a été kidnappée avant d'être retrouvée presque morte. Depuis, en dépit de ce que croient les médecins, Amy est consciente. Mais elle est prisonnière dans son propre corps, victime du locked in syndrom.
    Alex, une journaliste en mal de crédibilité, décide d'enquêter sur cette affaire jamais élucidée. Elle réalise qu'elle a vécu dans la même ville qu'Amy, écouté les mêmes musiques, fréquenté les mêmes personnes... Que s'est-il passé quinze ans plus tôt  ?
    Tout pousse à croire que la jeune fille entretenait une relation, mais avec qui  ? Et pourquoi ses proches sont-ils murés, depuis, dans un silence presque coupable  ? Alors qu'Alex s'immerge dans le passé d'Amy, elle risque de devenir, à son tour, une victime...
    Paranoïaque et envoûtant  : un thriller best-seller dans le monde entier.

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  • Un meurtre peut en cacher un autre

    Hannah Dennison

    Parution : 13 Février 2019 - Entrée pnb : 2 Février 2019

    Une ligne de train à grande à vitesse qui va passer tout près de Honeychurch  ? Shocking  ! Les habitants du village refusent d'en entendre parler, décidés à préserver la tranquillité de ce coin de campagne anglaise. À tout prix.
    Alors, lorsque le représentant du ministère des Transports est assassiné, tout le monde devient suspect. Pire  : les meurtres s'enchaînent comme les scones à l'heure du thé  ! Vendetta d'opposants au projet  ? Règlement de comptes local  ?
    Kat Stanford, qui vit dans l'une des vieilles bicoque du domaine, doit absolument découvrir qui est le coupable. D'autant que les meurtres parviennent bientôt aux oreilles de son ennemie jurée, Trudy Wynne. Cette journaliste de la presse à scandale est bien décidée à se venger de Kat qui lui a «  volé  » son mari  ! C'est une occasion bien trop belle pour la laisser passer...
     

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  • L'affaire Mélodie Cormier

    Guillaume Morissette

    Parution : 29 Mars 2017 - Entrée pnb : 4 Juillet 2017

    Bienvenue à Trois-Rivières, une petite ville tranquille du Québec. Un matin, une fillette qui se rend à l'école disparaît. Entre le car scolaire et la cour de l'école, Mélodie Cormier s'est littéralement volatilisée. Seul indice : un élastique à cheveux tombé par terre. Pour l'enquêteur Héroux, l'affaire s'annonce impossible à résoudre.
    Dans le même temps, Marco Genest reçoit une lettre anonyme. Son correspondant posséderait des renseignements sur la mort accidentelle de ses parents, survenue deux ans plus tôt. Accidentelle, vraiment ? Pour le savoir, Marco doit s'engager dans un terrifiant jeu de piste.
    Alors que Marco et Héroux tentent de découvrir la vérité, les liens entre les deux affaires deviennent troublants. Comme si une seule et unique personne était le maître d'un jeu macabre. Une personne qui détiendrait entre ses mains le destin de la petite Mélodie...
     Un thriller captivant. Un jeu de piste terrifiant.

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  • Tu ne m'échapperas pas

    Christine Drews

    Parution : 5 Juillet 2017 - Entrée pnb : 6 Juillet 2017

    À la tombée de la nuit dans le parc d'une petite ville, un promeneur tombe sur le cadavre d'une femme sauvagement assassinée. L'enquêtrice Charlotte Schneidmann découvre que la victime est une prostituée et qu'elle venait juste d'avorter. Vengeance d'un client qu'elle aurait voulu faire chanter ? Crime d'un souteneur ? Les indices sont minces. Jusqu'au moment où un deuxième meurtre est commis. Aucun doute : un prédateur hante la ville. L'enquêtrice s'enfonce dans les brumes de la noirceur humaine quand elle découvre qu'une affaire presque similaire avait déjà fait les gros titres quarante ans plus tôt. Le meurtrier avait été arrêté et il était mort en prison... Et si, malgré tout, ces affaires étaient liées par le même sombre secret ?

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  • Les brumes de Lisbonne ; une enquête de l'inspecteur Pereira

    Peter Brooklyn

    Parution : 21 Août 2019 - Entrée pnb : 2 Août 2019

    Lorsque le téléphone de l'inspecteur Pereira sonne en pleine nuit, il sait que sa journée s'annonce compliquée. Il apprend en effet que le célèbre banquier Ornelas, bon père de famille, a été retrouvé empoisonné dans la villa de son amant, un célèbre médecin de Lisbonne.

    Pour les supérieurs de Pereira, l'affaire est limpide : c'est un simple crime passionnel et le médecin est coupable. Tout le monde semble toutefois un peu trop pressé de classer cette affaire. Quels secrets dissimule la veuve de la victime ? Et puis il y a ces rumeurs sur la gestion douteuse de la banque.

    Entre réseau de corruption et trafics en tout genre, l'enquête s'annonce difficile. L'inspecteur Pereira va devoir faire ressurgir des secrets et des scandales enfouis depuis des décennies dans les brumes d'une ville où l'envers du décor révèle progressivement toute sa noirceur...

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  • Le secret d'Argile

    Julia Navarro

    Parution : 29 Février 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Dans la basilique Saint-Pierre, un homme se confesse : « Mon père, je m'apprête à commettre un crime... » Au même moment, l'archéologue Clara Tannenberg révèle l'existence de mystérieuses tablettes d'argile sur lesquelles figurerait l'histoire de la Genèse racontée par Abraham lui-même. Une découverte sans précédent.
    Avec l'aide de son grand-père, homme au passé trouble, Clara parvient à mettre sur pied une mission pour retrouver cette incroyable Bible d'argile. Mais ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur les tablettes.
    Entre trafiquants d'art et ennemis invisibles, la campagne archéologique se transforme en gigantesque jeu de piste et de faux-semblants...
    Un grand thriller historique best-seller.

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  • Les conjurés de Pierre

    Philipp Vandenberg

    Parution : 15 Juin 2011 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015



    Prologue
    La marque du diable
    Une nuit, une profonde nuit, enveloppait la cathédrale de Strasbourg dont la nef se dressait dans le ciel comme l’étrave d’un navire échoué. L’église inachevée était encore un gigantesque chantier. L’aboiement d’un chien dans une ruelle avoisinante trouait sporadiquement le silence de la grand-place. Les odeurs pestilentielles, dispersées par les vents durant le jour, retombaient maintenant comme une chape de plomb sur le parvis. C’était l’heure des rats : affamées, les grosses bêtes au poil hérissé sortaient de leurs trous et couraient sur les tas d’immondices jonchant le pavé. Empruntant un réseau de galeries qui aboutissait sous la cathédrale, elles parvenaient à s’introduire à l’intérieur de l’édifice, mais restaient sur leur faim dans ce lieu où les hommes ne se sustentent que de nourritures célestes.
    Vers minuit et demi, un bruit étrange vint troubler leur quiétude. Les rats se réfugièrent au plus vite dans leurs cachettes. Çà et là ressortait le bout d’une queue lisse dans les interstices de la pierre. Le bruit se fit plus proche et plus fort. On eût dit que quelqu’un frottait une pierre contre une autre, que quelqu’un s’acharnait à râper et à gratter ou que le diable plantait ses longues griffes pointues dans les murs pour se hisser jusqu’à la voûte. Puis ce fut à nouveau le silence, un silence absolu, troublé par le bruit des pierres qui s’effritaient.
    Soudain, il y eut un formidable grondement de tonnerre, comme à l’approche de l’orage, un roulement semblable à celui d’une carriole pénétrant à vive allure dans le chœur noyé de ténèbres. Puis, on entendit une détonation suivie d’une explosion.
    Les hauts piliers vacillèrent comme lors d’un tremblement de terre. Un énorme nuage de poussière se souleva et se propagea dans les moindres recoins de l’édifice. Le silence revint et, quelques instants plus tard, les rats ressortaient de leurs trous.
    Moins d’une heure après, les bruits reprirent. À croire qu’un tailleur de pierre travaillait en cachette ou que Lucifer, armé d’une énorme pince-monseigneur, cherchait à saper les fondations de la cathédrale qui commençaient déjà à s’ébranler.
    Cela dura ainsi des heures jusqu’à l’apparition des premières lueurs de l’aube. Aucun des strasbourgeois, si fiers de leur cathédrale, ne s’était encore aperçu de ce qui venait de se dérouler pendant la nuit.
    Au petit matin, le sacristain trouva en arrivant la porte du porche fermée, comme il l’avait laissée la veille au soir en partant. En pénétrant dans la nef, il se frotta les yeux et découvrit, au beau milieu de l’église, à la croisée du transept, un éboulis de pierres, des morceaux d’un linteau qui, en tombant de la voûte, avait explosé sur le sol.
    Approchant, il aperçut à sa gauche la partie supérieure d’un pilier suspendue dans les airs. Sa base avait disparu et les reliefs du festin, qu’un monstre vorace aurait abandonnés là, gisaient à l’emplacement du socle. Il observait le désastre dans un état d’hébétude, pétrifié, jusqu’au moment où, prenant ses jambes à son cou, il s’enfuit en hurlant vers la baraque de l’architecte pour lui raconter ce qu’il avait vu de ses propres yeux.
    L’architecte, un artiste reconnu, qui devait à son infaillible exactitude mathématique une réputation dépassant les frontières, resta bouche bée en découvrant les dégâts. D’un naturel plutôt enclin à l’objectivité scientifique que provoque la pratique de la physique et des mathématiques, il rejetait habituellement toute explication de nature irrationnelle. Mais, ce matin-là, le doute s’insinua dans son esprit. Seule une intervention d’ordre surnaturel avait pu provoquer un tel désastre. Et, examinant de plus près les pierres jonchant la nef, il acquit la certitude qu’il avait fallu le concours d’une force supérieure, peut-être même celui d’une force démoniaque, pour amener la voûte à céder.
    La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre à travers la ville, puis gagna bien vite tout le pays : le diable voulait détruire cette œuvre que l’homme dressait dans le ciel à une hauteur intolérable pour lui. Les premiers témoins affirmèrent avoir croisé Lucifer en personne durant ladite nuit.
    Un géomètre, un homme très pieux quoique peu confit en dévotion, prétendit avoir vu un infirme affligé d’un pied-bot faire plusieurs fois le tour de la cathédrale en bondissant.
    Nul n’osa plus se hasarder à l’intérieur de la majestueuse église jusqu’à ce que l’évêque Wilhelm ne vienne, en invoquant le Tout-Puissant, asperger les lieux d’eau bénite à l’aide d’un goupillon en fins poils de blaireau.
    La rumeur allait bon train en aval sur les rives du Rhin. Les maçons, les sculpteurs et les tailleurs de pierre cherchaient à élucider rationnellement ces phénomènes incompréhensibles lorsqu’ils se reproduisirent dans d’autres villes. À Cologne, où maître Arnold bâtissait une cathédrale sur le modèle de celle d’Amiens, les statues de Marie et de Pierre ornant les piliers, ainsi que celles des Apôtres, auxquels l’édifice en cours d’achèvement était consacré, se mirent une nuit à trembler. Gémissant de douleur, ployant sous leur propre poids, elles basculèrent de leur socle et tournoyèrent avant de tomber la tête la première dans le vide – pas simultanément comme lorsque la terre tremble, mais méthodiquement, l’une après l’autre, comme si elles s’étaient passées la consigne.
    Le premier tailleur de pierre, qui franchit au matin le seuil de la cathédrale après cette tragique nuit, eut une vision apocalyptique.
    Des bras, des jambes et des têtes arborant encore le sourire que des efforts inimaginables avaient arraché à la pierre, gisaient épars sur le sol comme des morceaux de viande sur l’étal d’un marché.
    Bien que ces hommes aient été réputés pour leur caractère trempé, ils furent anéantis et versèrent des larmes de dépit. Certains scrutaient anxieusement les alentours, persuadés que Satan, dans sa perfidie, se cachait derrière un pilier et qu’il allait bondir en ricanant de sa voix sépulcrale.

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  • Demain il fera beau

    Céline Rouille

    Parution : 23 Août 2017 - Entrée pnb : 25 Août 2017

    Depuis longtemps, Sarah rêve d'ouvrir un gîte en Normandie. Alors, quand l'opportunité se présente, à quarante ans, elle saute le pas et décide de s'installer en famille près d'Étretat, entre mer et campagne. En famille  ? C'est ce qu'elle croyait, mais la veille du déménagement, son mari lui annonce brusquement qu'il ne viendra pas.
    Bien obligée de se débrouiller seule, avec deux enfants, une maison à rénover, des voisins pas toujours charmants et une actrice à héberger le temps d'un tournage, Sarah doit changer radicalement de vie. Au fil des jours, à la poursuite du bonheur malgré les difficultés, des inconnus deviennent des amis et l'horizon s'éclaire peu à peu. Enfin, tout semble pouvoir recommencer...La vie, ses coups durs et ses bonheurs  : un roman à savourer.  

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  • La malédiction de la maison Foskett

    M.R.C. Kasasian

    Parution : 22 Mars 2017 - Entrée pnb : 4 Juillet 2017

    Sa dernière enquête a mené un homme innocent à la potence,,. Autant dire que le détective Sydney Grice n'est plus vraiment en odeur de sainteté à Londres. Boudé par ses clients, le « plus grand détective de tout l'empire britannique » dépérit.
    March Middelton, son excentrique acolyte du « sexe faible », commence à sérieusement s'inquiéter. Jusqu'à ce qu'un individu, membre de l'effrayant « Club du dernier survivant », fasse appel aux services de Sydney... et ait l'impudence de passer de vie à trépas dans son salon ! Les deux détectives sont bien obligés d'enquêter sur cette mort soudaine et particulièrement suspecte.
    Quel est donc ce club de gentlemen où le jeu est de réussir à rester en vie tout en éliminant les autres ? Les indices entraînent Grice et March dans les recoins les plus sombres du Londres victorien, jusqu'à la maison maudite de la baronne Foskett... 
    Un duo de détectives de choc dans le Londres victorien : so british !

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  • Mamie et les fruits du saigneur

    Mario Giordano

    Parution : 28 Juin 2017 - Entrée pnb : 4 Juillet 2017

    Mamie Poldi en visite dans un vignoble de Sicile ? C'est comme un poisson dans l'eau ou plutôt un ivrogne dans une barrique : elle est parfaitement dans son élément. À tel point qu'après une nuit passée à descendre des litres de vin rouge, elle se réveille avec un gueule de bois d'enfer. Et ça ne s'arrange pas quand elle découvre un cadavre entre les pieds de vigne. La morte est une voyante-astrologue qui mettait ses dons au service de sportifs, d'hommes politiques et de célébrités locales. Suspecte numéro 1 : Mamie Poldi qui n'a aucun alibi et aucun souvenir de la nuit passée... Fidèle à sa réputation, cette inclassable Miss Marple va mener l'enquête avec ses méthodes pas très orthodoxes. Voilà qui ne va pas plaire du tout au beau et teigneux commissaire Montana...

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  • Relique

    Scott Mariani

    Parution : 13 Juin 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015



    Prologue
    Italie
    Octobre 1986
    La vieille femme était seule ce soir-là, comme tous les autres soirs d’ailleurs. Elle vivait recluse depuis de longues années dans sa maison de campagne aux multiples recoins près de Cesena.
    Elle avait passé la soirée dans son atelier, comme elle le faisait presque toujours, entourée de ses précieux tableaux, de ses magnifiques objets, apportant la dernière touche à une œuvre qu’elle pensait être la plus belle qu’elle ait produite depuis bien longtemps.
    L’œuvre ultime.
    Il était tout juste 10 heures passées, et la vieille femme songeait à aller se coucher lorsqu’elle entendit le fracas d’une vitre qu’on casse et que les six hommes armés s’engouffrèrent dans sa maison. Ils l’empoignèrent brutalement, la forcèrent à s’asseoir dans un fauteuil, braquèrent leurs pistolets sur sa tête. Leur chef était un homme grand et baraqué, dont le nez avait été cassé plus d’une fois. Il portait un costume, et ses cheveux grisonnants étaient coupés ras.
    Voilà une éternité qu’elle n’avait plus entendu un accent comme le sien. À l’époque, elle était jeune et belle.
    — Où est-ce ? ne cessait-il de crier, son visage si près du sien qu’elle sentit la chaleur de sa fureur lorsqu’elle dit qu’elle ne savait pas, qu’elle ne l’avait pas.
    Qu’elle ne l’avait jamais eu, qu’il ne lui avait jamais été donné de le voir.
    Ils la lâchèrent et elle s’effondra sur le sol en suffoquant. Tandis qu’elle gisait à terre, frémissant de terreur et serrant son cœur qui battait à tout rompre, les six hommes retournèrent sa maison avec une violence qu’elle n’avait jamais connue durant ses soixante-dix-huit ans d’existence.
    Quand ils réalisèrent qu’ils ne trouveraient pas ce qu’ils étaient venus chercher de si loin, le cœur de la vieille femme avait cessé de battre. Elle était morte.
    Ils dénichèrent cependant un vieux journal intime fendillé qu’elle avait gardé près d’elle pendant six décennies. Le chef de la bande le feuilleta avidement, parcourant ses pages remplies de l’élégante écriture un peu passée de la vieille femme.
    Sa longue quête ne faisait que commencer.
    1
    Géorgie occidentale
    À 250 kilomètres de la frontière russe
    Aujourd'hui
    La brise de septembre ondoyait doucement à travers les conifères dans le ravin de montagne. L’odeur des pins emplissait l’air, et les rayons du soleil de midi scintillaient sur les sommets enneigés au loin. La maman lynx était sortie à pas de loup de la forêt pour se désaltérer dans un torrent tout en gardant un œil attentif sur ses petits qui jouaient et se débattaient dans les longues herbes sur la rive.
    Lorsqu’elle se pencha pour laper l’eau froide, son corps se raidit soudain, ses sens aiguisés l’avertissant d’une présence étrangère. Ses oreilles touffues se dressèrent au son inconnu, impossible à localiser, mais qui s’intensifiait à une vitesse alarmante. Elle s’éloigna rapidement du bord de l’eau, et ses petits, sentant l’appréhension de leur mère, se regroupèrent et se mirent à trottiner derrière elle.
    Le bruit terrifiant était juste au-dessus d’eux ; un grondement, un ronflement qui agressait leurs oreilles. Les chats sauvages filèrent dans la forêt pour se protéger tandis que deux énormes formes noires passaient comme un éclair dans le ciel, rompant la tranquillité du ravin. Puis, les monstres disparurent aussi vite qu’ils étaient apparus.
    Des prédateurs beaucoup plus dangereux que des lynx étaient sortis chasser ce jour-là.
    À quatre kilomètres de là dans la forêt, il y avait une vieille cabane en pierre, isolée, perchée au sommet d’un monticule rocheux. Un siècle ou deux auparavant, elle avait sans doute été l’humble demeure d’un paysan ou d’un berger. Mais cette époque-là était révolue et voilà bien longtemps que la cabane était inhabitée. Des années et des années s’étaient écoulées sans que personne n’y mette les pieds, jusqu’à ce matin-là.
    Il faisait frais et sombre à l’intérieur de la maison sans fenêtre. Il n’y avait pas de meubles en ses murs, si ce n’est les trois chaises en bois alignées et clouées sommairement mais solidement au plancher. Les trois occupants de ces chaises étaient assis calmement, respirant doucement, à l’écoute de leur silence partagé.
    Ils se connaissaient bien, mais ça faisait un bout de temps qu’ils ne trouvaient plus rien à se dire, et d’ailleurs leur conversation n’aurait pas servi à grand-chose.
    Même s’ils avaient pu se libérer des liens qui les attachaient à leur chaise, et enlever la cagoule que leurs ravisseurs avaient enfilée sur leur tête, ils savaient qu’ils n’auraient pas pu s’échapper. La porte était bien fermée, à l’aide d’une chaîne particulièrement solide. Ils n’iraient nulle part, ils le savaient.
    Ils se contentaient donc d’attendre, chacun perdu dans ses pensées, avec ce calme qui accompagne la vraie résignation face à un sort inévitable. Les mêmes pensées leur traversaient l’esprit. Le souvenir mélancolique d’épouses et de partenaires qu’ils ne reverraient jamais. Les souvenirs du bon vieux temps. Chacun savait au plus profond de lui-même qu’il avait bien profité de la vie. C’était rétrospectivement une sensation douce-amère, mais ils savaient tous que ce jour finirait par venir. Ils savaient tous à qui ils avaient affaire. Il en allait tout simplement ainsi dans le monde qu’ils avaient choisi il y a longtemps. Pourvu que les choses ne traînent pas. C’est tout ce qu’ils pouvaient demander à présent.
    Les deux hélicoptères de combat identiques – des Kamov Ka-50 – s’approchaient rapidement de leur cible. Derrière les vitres pare-balles de l’appareil, les pilotes vérifièrent calmement les voyants d’affichage et préparèrent les armes qui se hérissaient sous les ailettes.
    Deux kilomètres plus loin, leurs télémètres désignateurs à laser verrouillèrent une cible, et une image précise de la cabane apparut simultanément sur leurs écrans à l’intérieur de chaque cockpit. Une image agrandie au point qu’il était possible de compter les maillons de la chaîne cadenassant la porte. Les pilotes activèrent leurs missiles et se préparèrent à les larguer.
    Ils n’avaient reçu aucune instruction de la base, ce qui signifiait que l’opération était lancée.
    Ils appuyèrent sur le détonateur et sentirent la vibration de leur appareil lorsque leurs armes s’éjectèrent en même temps. Les missiles antichars Vikhr, d’une longueur inférieure à trois mètres et d’un poids de quarante-cinq kilos, pouvaient se déplacer à une vitesse de six cents mètres par seconde. Les pilotes les regardèrent se diriger vers leur cible avec une précision implacable.
    Les quatre traînées de vapeur blanche serpentèrent dans le ciel bleu avant de s’enfoncer vers les arbres. Trois secondes plus tard, les missiles frappèrent la cible en une succession rapide de flashs aveuglants lorsque les ogives à fragmentation explosèrent au moment de l’impact. La cabane fut immédiatement réduite en poussière dans un tourbillon de débris.
    Les pilotes s’approchèrent de la cible et activèrent les canons monotubes de 30 mm montés latéralement. C’était parfaitement inutile, mais il s’agissait d’une démonstration, et le chef regardait. Il voulait quelque chose d’impressionnant et, si le chef voulait un véritable feu d’artifice, il l’aurait. Les canons ratissèrent le sol, qui ne tarda pas à être criblé de cratères.
    La poussière se souleva en spirales tourbillonnantes à cause du souffle des rotors lorsque les hélicos survolèrent en grondant la zone dévastée. Le nuage de poussière finit par se dissiper ; l’endroit où se dressait autrefois la cabane ressemblait à un champ labouré.
    Quant à ce qui restait des trois hommes, les animaux sauvages s’en chargeraient à la nuit tombée.
    2
    L’homme qui regardait derrière les vitres teintées et blindées de son Humvee abaissa ses jumelles et afficha un sourire satisfait à la vue de la mince volute de fumée qui s’élevait doucement dans la vallée. Il plissa les yeux à cause du soleil, suivant la trajectoire des hélicos qui virèrent à droite pour se diriger vers leur base secrète. Là-bas, ils seraient bien cachés, disparus à jamais pour leurs propriétaires d’origine.
    L’homme s’appelait Grigori Shikov. On le surnommait « le Tsar ». Il avait soixante-quatorze ans, les cheveux grisonnants et il était robuste.
    Depuis un demi-siècle, il appliquait toujours la même philosophie dans les affaires, une philosophie fondée sur l’esprit pratique. Il aimait que les choses se passent simplement et il aimait régler lui-même les derniers détails. C’est ce qu’il venait de faire en éliminant définitivement ces trois hommes. Voilà ce qui arrivait à ceux qui tentaient de s’opposer aux intérêts de Grigori Shikov.
    Shikov se contorsionna pour regarder l’homme qui tenait le caméscope sur la banquette arrière.
    — Tu as pu filmer ça ?
    — J’ai tout pris, chef.
    Shikov opina. Ses clients étaient de ceux qu’on n’aimait pas décevoir, mais même eux ne manqueraient pas d’être impressionnés. Il était certain qu’ils sauraient comment utiliser leurs nouveaux jouets une fois que le marché serait conclu et que la marchandise changerait de mains. Ils venaient d’entrer dans la dernière phase des négociations. Ça s’annonçait plutôt bien.
    — C’est bon, allons-y, marmonna Shikov à son chauffeur.
    À cet instant, son téléphone vibra et il plongea la main dans sa poche pour le récupérer. Il insistait pour avoir un nouveau téléphone tous les deux jours, mais n’aimait pas sa dernière acquisition, un vulgaire morceau d’étain. Il était trop petit pour son poing, ses doigts étaient maladroits sur ces touches minuscules. Il répondit à l’appel par un grognement. Il parlait rarement au téléphone : les gens lui disaient ce qu’il avait besoin d’entendre et il écoutait.
    Il était connu pour cette façon troublante de rester silencieux. C’était un trait caractéristique de sa personnalité comme sa façon de ne jamais dormir. De ne jamais sourciller. De ne jamais hésiter. Pas de regrets, pas d’excuses, pas une fois au cours d’une vie passée à la tête d’un empire commercial d’un genre bien particulier, dans un milieu impitoyable. Il avait été défié, oui, plusieurs fois. Mais jamais vaincu, jamais attrapé.
    Shikov attendait un autre appel et il s’apprêtait à raccrocher avec impatience, mais il se ravisa. La personne à l’autre bout du fil était un homme du nom de Yuri Maisky et c’était l’un des plus fidèles assistants de Shikov. C’était aussi son neveu, et Shikov aimait avoir sa famille auprès de lui, ou du moins ce qu’il en restait depuis la mort de sa femme trois ans auparavant.
    Ainsi écouta-t-il ce que Maisky avait à dire et il sentit son cœur s’emballer tandis qu’il absorbait l’information qu’il venait d’entendre.
    — Tu en es sûr ? marmonna-t-il.
    Ce n’était pas une question pour la forme. Maisky savait trop bien que le chef était avare de ses paroles et qu’il ne perdait pas son temps à papoter. Sa voix chevrota légèrement lorsqu’il répondit :
    — Plutôt certain. Notre contact affirme qu’il y sera sans le moindre doute. Et il s’agit bien du bon.
    Le vieil homme resta silencieux quelques secondes, éloignant le téléphone de son oreille tandis qu’il digérait cette nouvelle inattendue.
    Il avait fini par apparaître. Après toutes ces années d’attente, juste comme ça.
    Puis il reprit la parole, calmement, doucement :
    — Où est mon fils ?
    — Je ne sais pas, répondit Maisky au bout de quelques secondes.
    À vrai dire, Anatoly fréquentait trois endroits tout au plus : le pont de son yacht, où il cuvait vautré sur un transat, le casino, où il dilapidait la fortune de son père, le lit d’une beauté aux dents longues, où il s’envoyait en l’air.
    Il était plus sage de mentir.
    — Trouve-le, ordonna Shikov. Dis-lui que j’ai un travail pour lui.

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  • La trahison dans le sang

    Eric Van Lustbader

    Parution : 11 Avril 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Jack McClure est l'homme de l'ombre du président des Etats-Unis. Sa spécialité, ce sont les affaires d'espionnage dans les eaux troubles de la diplomatie internationale.
    Lorsqu'un sénateur américain, censé être en mission en Ukraine, est assassiné sur l'île de Capri. McClure reprend du service. Son enquête l'entraîne dans le sillage de politiciens douteux, de criminels et de diplomates trop mielleux pour être honnêtes.
    Dans le collimateur de la Mafia, mais aussi de certaines agences américaines de renseignement, il découvre que la corruption s'étend comme les tentacules d'une pieuvre. Une corruption qui devient de la haute trahison quand elle atteint les plus hauts sommets de l'Etat.
    Heureusement, Jack peut compter sur l'aide de deux improbables compagnons de voyage : la fille du président américain et une belle espionne russe...
    Espionnage, enjeux politiques internationaux et luttes de pouvoir : le nouveau best-seller d'Eric van Lustbader.

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  • La conjuration des ombres

    Scott Mariani

    Parution : 19 Octobre 2011 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015



    1
    Désert de Sonora
    À une heure de route de Maricopa, Arizona
    Début mai
    Rocaille et poussière, broussailles et cactus, et la lumière aveuglante du soleil implacable. Personne ne vient jamais là.
    La poussière de deux véhicules tout-terrain s’éleva dans l’air immobile, alors qu’ils sautaient et dérapaient sur l’immensité aride. En tête, le grand 4x4 Subaru argenté s’arrêta sur les cailloux dans un crissement de pneus, les portières s’ouvrirent et trois hommes descendirent.
    L’un d’eux ne voulait pas être là. Il se distinguait des deux autres, non parce qu’il était l’unique Japonais et qu’ils étaient blancs et européens, mais parce que c’était le seul avec un .45 automatique pointé sur la nuque et les poignets liés dans le dos. Du ruban, pas de la corde.
    La corde allait laisser une marque, et ses ravisseurs ne le voulaient pas. Un morceau de ce même ruban de toile argenté était fermement appuyé sur sa bouche, étouffant ses cris. Son tee-shirt était détrempé par la sueur.
    Ses ravisseurs connaissaient son nom – Michio Miyazaki – et son métier – scientifique. À part ça, la raison de ce qui lui arrivait ici ne les concernait pas.
    La Jeep Cherokee rouge vif qui suivait la Subaru se gara à côté. Sa conductrice coupa le moteur, descendit, passa ses doigts dans ses cheveux blonds et essuya la sueur sur son jean. Il n’y avait aucun bruit, hormis le crépitement du métal brûlant et les faibles protestations du prisonnier quand les deux hommes l’éloignèrent manu militari des véhicules.
    La Jeep appartenait à Miyazaki, tout comme le matériel technique à l’arrière. Une fois toute cette affaire terminée, on aurait l’impression que le scientifique était venu là en mission de recherche pour prélever des échantillons.
    Cela cadrait avec son profil. Il était célibataire, vivait seul, sans enfants, aspirait à la solitude et était en mauvaise santé. Personne ne se poserait de question sur ce qui allait se passer. La femme contourna la Jeep jusqu’au côté passager, ouvrit la portière et sortit le petit récipient près duquel elle avait péniblement traversé le désert. Voilà un objet qui n’appartenait pas à Miyazaki. C’était une boîte à goûters en plastique bleu pâle, percée de petits trous sur le couvercle.
    Ce qu’elle renfermait ne pesait presque rien. La femme l’écarta d’elle et la tint à bout de bras. De son autre main, elle saisit un sac à bandoulière posé sur le sol de la voiture, claqua la portière et rejoignit les autres au trot.
    Quand elle arriva à leur hauteur, elle entendit le prisonnier les supplier à travers son bâillon.
    Tous l’ignorèrent.
    — Ça ira, déclara le plus grand des deux Blancs dans leur langue en jetant un regard alentour.
    Le trapu aux muscles bandés sous sa chemise en coton maintenait le .45 sur la tête de Miyazaki.
    La femme posa le récipient sur le sol et recula, heureuse de s’en éloigner. Elle plongea la main dans son sac et sortit une paire d’épais gants en cuir. Jeta le droit à son collègue, puis le gauche.
    — Fais-le, toi, dit-elle. Je ne touche pas à cette chose.
    Le grand enfila les gants. L’homme à l’automatique balaya l’espace de son pied, et Miyazaki s’écroula dos contre terre. Il pleurait à présent, les larmes formant des rigoles sur son visage poussiéreux.
    Le grand s’approcha de la boîte et s’accroupit. Les autres le regardèrent ouvrir le couvercle avec force précautions, soulever un coin, y plonger sa main gantée et se relever, la chose dans son poing.
    Miyazaki se mit à se débattre et à protester avec une énergie renouvelée quand il vit le scorpion brun luisant piégé entre les doigts de l’homme. Il avait consacré sa vie à une petite sphère spécialisée de la science, mais il connaissait assez les autres disciplines pour voir que ces gens avaient bien travaillé. C’était là un scorpion d’écorce d’Arizona, l’un des arachnides les plus mortels au monde.
    Miyazaki ne pouvait quitter la créature des yeux alors que le grand s’avançait vers lui en souriant. Plus le scorpion approchait, plus Miyazaki luttait pour se défaire de ses liens. Il le voyait se tortiller, battre l’air de sa longue queue, l’aiguillon boursouflé de venin. Il n’était plus qu’à vingt centimètres au-dessus de sa poitrine qui se soulevait. Miyazaki sentait son cœur battre dangereusement vite.
    L’homme lui lâcha le scorpion dessus.
    Il retomba sur ses pattes et se figea, comme s’il évaluait prudemment son nouvel environnement.
    Miyazaki commença à bredouiller, chaque muscle de son corps hurlant de douleur alors qu’il cherchait à voir la chose perchée sur son torse.
    Mais le scorpion préféra fuir. Il détala, glissa le long de ses côtes et retomba sur le sable.
    — Merde.
    Le grand se précipita là où la créature essayait de s’enfoncer et la souleva. Du sable fila entre ses doigts quand il enserra fermement le scorpion dans sa paume.
    — Réessaie, dit la femme.
    Le grand opina. Il admira la créature. Ces choses étaient résistantes. Elles existaient depuis des millions d’années, immuables, parfaites.
    Et elles seraient toujours là longtemps après que l’humanité se serait anéantie.
    Il ne voulait pas lui faire de mal, juste la stresser un peu et activer ses mécanismes de défense primitifs.
    Il la serra fort et la secoua, sentant à travers le gant son épaisse carapace se tortiller. Puis il la tint au-dessus du cou exposé de Miyazaki, où la sueur s’amoncelait dans le creux à la base du cou, et la laissa tomber une deuxième fois.
    La créature atterrit sur la peau de Miyazaki, défenses dressées, prête à frapper. L’aiguillon partit, plus vite qu’un serpent à sonnette, et toucha sa cible.
    Le scientifique cria derrière le ruban et s’agita sur le sable alors que la créature détalait.
    Ses ravisseurs repérèrent sans mal où le scorpion l’avait piqué, une piqûre d’épingle livide qui enflait déjà sur son cou à deux centimètres de la jugulaire.
    — Ça devrait aller, dit la femme par-dessus les cris de terreur étouffés.
    — Je m’en vais dégommer cette foutue bestiole, dit le trapu, les yeux fixés sur le scorpion qui se précipitait vers l’abri des rochers.
    Il leva son arme et visa.
    La femme lui abaissa le bras d’une tape.
    — Pas de coup de feu.
    — Ouais, laisse-le, ajouta le grand.
    Le trapu haussa les épaules et rangea le pistolet. Ils observèrent le prisonnier. Ses mouvements se faisaient déjà plus lents, ses yeux remontaient dans leurs orbites alors que le choc toxique commençait à arrêter son cœur malade. Une minute plus tard, il avait fini de convulser et de battre l’air. Son dos arqué s’affaissa contre le sable, sa tête roula sur le côté et y resta.
    Le grand s’accroupit près du corps et se servit d’un couteau pliant pour couper le ruban qui retenait les poignets du mort. Quand ce fut fait, il arracha le bâillon.
    — Bon, habillons-le pour obtenir le résultat voulu, dit la femme.

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  • Vague de chaleur

    Richard Castle

    Parution : 10 Novembre 2010 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015



    UN
    Elle adoptait toujours le même rituel pour aller voir le corps. Après avoir détaché sa ceinture de sécurité, pris le stylo coincé par un élastique sur le pare-soleil, passé ses longs doigts sur sa hanche, pour sentir le réconfort de son arme de service, elle marquait toujours une pause. Pas très longue. Juste le temps de prendre une profonde inspiration.
    Le temps qu’il lui fallait pour se remémorer un événement qu’elle n’oublierait jamais. Un nouveau corps l’attendait. Elle inspira. Et, au moment où elle ressentit les rebords déchiquetés du trou qu’on avait percé dans sa vie, le lieutenant Nikki Heat était enfin prête. Elle ouvrit la portière pour se mettre au travail.
    L’impact des trente-huit degrés Celsius la repoussa presque dans la voiture. New York était une fournaise, et le trottoir ramolli de la 77e Rue Ouest cédait sous ses pieds, tel du sable mouillé. Heat aurait pu se faciliter la tâche en se garant plus près, mais cela faisait aussi partie du rituel : la petite marche. Toutes les scènes de crime avaient un parfum de chaos, et ces cinquante mètres lui offraient son unique chance de noter ses propres impressions sur l’ardoise encore vide.
    Grâce à la torpeur de l’après-midi, le trottoir était presque désert. L’heure de pointe du déjeuner passée, les touristes se rafraîchissaient à l’intérieur du Musée d’histoire naturelle ou cherchaient refuge chez Starbucks, devant une boisson glacée dont le nom se terminait par une voyelle. Malgré son dédain pour les buveurs de café, elle prit note de penser à en boire un elle-même avant de retourner au poste de police.
    Elle remarqua un portier devant l’immeuble, de son côté du cordon de sécurité qui entourait la terrasse du café. Sa casquette à la main, la tête entre les genoux, il était assis sur les marches de marbre usées. Elle leva les yeux vers le dais de toile vert chasseur en passant devant lui et lut le nom du bâtiment : The Guilford.
    Connaissait-elle le policier en uniforme qui lui adressait un sourire ? Elle passa rapidement en revue un diaporama imaginaire de visages, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’en fait, il la jaugeait. Heat lui rendit son sourire et écarta sa veste de lin pour lui donner un autre sujet de rêverie. Le visage se referma lorsque le jeune agent aperçut l’insigne accroché à la taille. Il souleva le ruban jaune pour la laisser passer. En se relevant, elle le surprit à lui lancer un regard libidineux et ne put se retenir.
    ? On fait un deal : je m’occupe de mes fesses, et vous, vous vous occupez de la foule.
    Nikki Heat pénétra dans la scène de crime en passant devant l’estrade vide de l’hôtesse du café. Toutes les tables de La Chaleur étaient vides, à l’exception d’une, où l’inspecteur Raley de sa brigade était installé avec une famille bouleversée, aux visages brûlés par le soleil, qui essayait désespérément de transformer son allemand en déclaration intelligible. Leur déjeuner intact était infesté de mouches. Les moineaux qui, eux aussi, adoraient déjeuner en terrasse, se perchaient sur les dossiers de chaises avant de se jeter avidement sur les frites. Devant la porte de service, l’inspecteur Ochoa leva le nez de son carnet et lui fit un rapide signe de tête pendant qu’il interrogeait un commis au tablier blanc maculé de sang. Le reste du personnel prenait un verre à l’intérieur du bar pour se remettre de ses émotions. Heat se tourna vers la légiste agenouillée et ne put guère leur reprocher leur sensiblerie.
    ? Homme inconnu, pas de portefeuille, pas de papiers. Entre soixante et soixante-cinq ans, à première vue. Grave traumatisme à la tête, au cou et à la poitrine.
    La main gantée de Lauren Parry souleva le drap pour que son amie puisse jeter un œil le corps qui gisait sur le trottoir. Nikki jeta un bref regard avant de détourner les yeux.
    ? Pas de visage ; alors, on va chercher dans les fichiers dentaires. Il n’y a guère moyen de l’identifier après un tel choc. C’est ici qu’il a atterri ?
    ? Non, là-bas.
    La légiste indiqua le kiosque à emporter du café, à quelques mètres de là. Le corps était tombé si violemment que le plafond était coupé en deux. Les éclaboussures de glace et de sang avaient déjà séché sur le trottoir au cours des minutes qui s’étaient écoulées depuis la chute. Heat s’approcha de l’endroit et remarqua que les parasols et les murs de pierre du bâtiment étaient également tachés de sang séché, d’éclaboussures de glace fondue et de résidus de tissus organiques. Elle s’approcha autant qu’il était possible sans risquer de contaminer la scène.
    ? It’s raining men[1], chantonna une voix.
    Nikki ne prit pas la peine de se retourner.
    ? Rook ! murmura-t-elle dans un soupir.
    ? Hallelujah…
    Il conserva son sourire, jusqu’à ce qu’elle le regarde en hochant la tête.
    ? Eh bien, quoi ? Ce n’est pas grave, il ne risque pas de m’entendre !
    Elle se demandait quel péché elle avait bien pu commettre pour qu’on l’ait affublée de ce type ! Ce n’était pas la première fois qu’elle se posait la question, ce mois-ci. Le boulot était déjà bien assez difficile, si on le faisait bien. Ajoutez à cela un journaliste à la langue bien pendue qui jouait les flics, et les journées s’en allongeaient d’autant. Elle se réfugia près des grands pots de fleurs qui délimitaient le périmètre de la terrasse et leva les yeux. Rook la suivit.
    ? J’aurais été là plus tôt, sauf que personne n’a pris la peine de m’appeler. Si je n’avais pas téléphoné à Ochoa, j’aurais tout raté.
    ? La tragédie qui s’ajoute à la tragédie, quel désastre !
    ? Vous m’épuisez, avec vos sarcasmes. Écoutez, je ne peux pas effectuer des recherches sur le fin du fin de la police de New York sans avoir accès à tout, et mon accord avec le commissaire stipule que…
    ? Croyez-moi, je les connais, les termes de l’accord. Je les ai sur le dos jour et nuit. Vous êtes autorisé à examiner tous les cas d’homicides comme les flics dont c’est le métier.
    ? Alors, vous aviez oublié. J’accepte vos excuses.
    ? Je n’ai pas oublié, et je n’ai pas entendu d’excuses. De ma part, en tout cas.
    ? J’ai extrapolé. Vous l’avez crié entre les lignes.
    ? Un jour, vous m’expliquerez quel service vous avez rendu au maire pour obtenir le droit de me coller le train.
    ? Désolé, détective Heat, je suis journaliste et c’est confidentiel.
    ? Vous avez étouffé une affaire qui le compromettait ?
    ? Oui. Mon Dieu, vous m’obligez à me trahir, mais vous ne saurez rien de plus.
    Ochoa boucla l’interrogatoire du commis, et Heat lui fit signe de s’approcher.
    ? Je suis passée devant un portier qui semblait avoir mal encaissé le coup. Allez le voir, demandez-lui s’il connaît notre inconnu.


    [1] « Il pleut des hommes », paroles d’une chanson écrite par Paul Jabara et Paul Shaffer, interprétée à l’origine (1982) par The Weather Girls et vendue à plus de six millions d’exemplaires. Cette chanson a depuis lors été reprise entre autres par Geri Halliwell en 2001 et Young Divas en 2006. (NDT)



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