• Les signes parmi nous

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 12 Mai 2020 - Entrée pnb : 8 Mai 2020

    « Et puis elle parut grandir, mais peut-être est-ce seulement que mes yeux prennent l'habitude et refont les choses, n'étant plus dérangés tout le temps dans leur besogne de voir ; et cependant, elle, elle renaissait ; sa hanche prit forme, son épaule blanche, la figure ensuite, qui était moins blanche ; et il vit qu'elle dormait, couchée sur le côté. »
    Dans ce « tableau » de 1919 que sont Les Signes parmi nous, Ramuz peint un orage d'été qui fait croire à la fin du monde. En prévision de cette apocalypse lémanique, Caille, le colporteur biblique, répand une parole défaitiste. Mais le dernier mot appartient au couple de jeunes amoureux qu'anime une confiance toute humaine. Écrit à la fin de la Première Guerre mondiale, tandis que la grippe espagnole ajoute ses calamités aux malheurs du conflit, ce roman virtuose célèbre l'éternel recommencement de la vie.
    Introduction de Gilles Philippe

    Charles-Ferdinand Ramuz, il est publié par Grasset.

    Son oeuvre est une série de variations sur l'amour et la mort, seuls sujets vraiment dignes d'être traités, de l'aveu de Ramuz. Ses audaces stylistiques lui valent le reproche de mal écrire « exprès ». Mais il n'est de loin pas partagé par tous: dès 1924, Grasset publie les livres de Ramuz et lui assure ainsi un succès auprès des critiques et du public.

    Son oeuvre est aujourd'hui publiée dans la collection de la Pléiade.

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  • La Grande Peur dans la montagne

    Charles-Ferdinand Ramuz; C.-F. Ramuz

    Parution : 11 Décembre 2015 - Entrée pnb : 13 Janvier 2016

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Charles-Ferdinand Ramuz. "Il y a chez Ramuz du primitif, du témoin de l'Ancien Testament, de l'inspiré naïf et à la fois très affiné par une longue culture du poétique et du mystique. Comme si "La Grande Peur dans la montagne" trouvait sa force tout ensemble dans l'effroi viscéral de l'être nu, brut, sans défense, et dans l'intuition élaborée et savante de l'angoisse spirituelle et des ressources hallucinatoires de la crainte. Avec cette façon si étrange de mêler la nature et le surnaturel, le là et l'au-delà, pour revenir à la définition de Roger Caillois. L'arme affûtée de l'art fantastique. Une rhétorique peu évidente, logiquement mal définissable et pourtant visible, audible, touchable, parce que ce sont premièrement les sens qu'elle atteint, et qu'elle entretient ensuite dans un état d'alerte obsédant et incantatoire. Car l'incantation porte la peur, de part en part du roman, et c'est sur le rythme de la répétition que se déroule cette épopée triste, comme une chronique lamentable de l'échec, de la désillusion et de la mort. Puisque telle est l'issue de "La Grande Peur", et avec elle la liste des morts qui clôt le roman de sa sobriété poignante, le romancier prophète nous réservant, en classique, la morale explicite pour la fin, quand tout a basculé dans la défaite: "... c'est que la montagne a ses idées à elle, c'est que la montagne a ses volontés." De sorte que l'énumération funèbre des disparus et cette sombre sentence ferment moins cette histoire qu'elles ne l'ouvrent sur un avertissement lourd, et solennel, qui retentit en nous, une fois encore, comme une Parole revenue du fond des âges sacrés." - Jacques Chessex.

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  • Joie dans le Ciel

    Charles-Ferdinand Ramuz; C.-F. Ramuz

    Parution : 5 Septembre 2017 - Entrée pnb : 6 Septembre 2017

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Charles-Ferdinand Ramuz. Dans ce récit qui a le caractère d'une vision, Ramuz imagine la "résurrection de la chair" dans un village des Alpes. Il la dépeint en petits tableaux de la plus grande diversité, qui rappellent, par la simple fraîcheur de leurs images et leur fidélité au réel, l'art des primitifs flamands. Chacun des habitants du pays ressucite, et ses doléances se tranforment en un chant de joie, parce que c'est maintenant la paix, l'allégresse, l'amour, et qu'il n'y a plus ni passé ni avenir, mais une grande immobilité dans le temps. Cette félicité sans contraste menace d'être détruite par sa propre uniformité. Mais, au cours d'un bref intermède, une chevrette égarée dans une crevasse obscure amène Bonvin le chasseur à s'aventurer jusqu'au fond d'une gorge où il découvre les damnés. Le ciel s'obscurcit, la montagne s'embrase jusqu'à devenir transparente comme du verre en fusion et laisse voir aux bienheureux le terrifiant spectacle de la punition éternelle. Bien que les suppliciés tendent avidement les bras vers le lieu du bonheur, ils sont repoussés par la force même de leurs passions. Les deux mondes ne peuvent se confondre. Seule la conscience de la douleur donne un sens à la joie.

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  • Derborence

    Charles-Ferdinand Ramuz; C.-F. Ramuz

    Parution : 27 Mars 2019 - Entrée pnb : 29 Mars 2019

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Charles-Ferdinand Ramuz. Dans le canton de Vaud, une montagne s'éboule, ensevelissant une vingtaine de bergers. Tout le village - ce choeur angoissé de vieillards, de femmes et d'enfants que suscite depuis Eschyle toute catastrophe de ce genre - commente la nouvelle. Après un long mois d'attente, un des bergers disparus réapparaît. Est-ce un miracle, un mirage ? Le survivant leur conte son odyssée souterraine. Moins pour les éclairer que pour briser le sortilège dont son propre coeur est la proie. Puis il finit par retourner sur ses pas pour rejoindre ses compagnons dans ce mystérieux domaine qui leur sert de tombeau. C'est dans "Derborence" plus qu'en toute autre de ses oeuvres que Ramuz se fait le chantre des hommes et de leur accord profond, de tout ce qui en eux s'obstine à ne pas mourir. C'est dans l'évocation des sentiments les plus humbles qu'il atteint à la grandeur.

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  • La Beauté sur la Terre

    Charles-Ferdinand Ramuz; C.-F. Ramuz

    Parution : 9 Août 2019 - Entrée pnb : 10 Août 2019

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Charles-Ferdinand Ramuz. Juliette, dix-huit ans, est né à Santiago de Cuba. Seule au monde après la mort de son père, elle accepte sans enthousiasme l'hospitalité que son oncle lui offre en Suisse romande. Qu'augurer d'un tel dépaysement ? Rien de bon. De surcroît Juliette est belle, si belle même qu'elle n'incarne rien de moins que la Beauté sur la Terre. Dans l'auberge de son oncle, on commence à lui faire une cour respectueuse, qui cède bientôt le pas à des sentiments moins avouables, puis finalement aux pires convoitises. Elle est désirée par toutes sortes d'hommes dont le nombre toujours grandissant l'étonne, la désole ensuite, et enfin la terrifie si bien qu'elle préfère s'enfuir. Le récit s'achève là. Apte comme aucun autre écrivain à saisir l'éternel sous la vie quotidienne, Ramuz nous montre ici comment se cristallise un état d'âme populaire et comment la beauté ne semble pas pouvoir demeurer chez les hommes car ils sont incapables de soutenir sa vue.

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  • La grande peur dans la montagne

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 30 Janvier 2020 - Entrée pnb : 31 Janvier 2020

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "Le président parlait toujours. La séance du conseil général, qui avait commencé à sept heures, durait encore à dix heures du soir.Le président disait : "C'est des histoires. On n'a jamais très bien su ce qui s'était passé là-haut, et il y a vingt ans de ça, et c'est vieux. Le plus clair de la chose à mon avis c'est que voilà vingt ans qu'on laisse perdre ainsi de la belle herbe, de quoi nourrir septante bêtes tout l'été ; alors, si vous pensez que la commune est assez riche pour se payer ce luxe, dites-le ; mais, moi, je ne le pense pas, et c'est moi qui suis responsable..." Notre président Maurice Prâlong, parce qu'il avait été nommé par les jeunes, et le parti des jeunes le soutenait ; mais il y avait le parti des vieux. "C'est justement, disait Munier, tu es trop jeune. Nous, au contraire, on se rappelle." Alors il a raconté une fois de plus ce qui s'était passé, il y a vingt ans, dans ce pâturage d'en haut, nommé Sasseneire et il disait : "On tient à notre herbe autant que vous, autant que vous on a souci des finances de la commune ; seulement l'argent compte-t-il encore, quand c'est notre vie qui est en jeu ?" Ce qui fit rire ; mais lui : "Que si, comme je dis, et je dis bien, et je redis... - Allons ! disait le président..." Les jeunes le soutenaient toujours, mais les vieux protestèrent encore ; et Munier :"Je dis la vie, la vie des bêtes, la vie des gens...- Allons, recommençait le président, c'est des histoires..." Pourquoi le pâturage de Sasseneire est abandonné depuis 20 ans ? Pourquoi une partie du village, notamment les anciens, refuse aujourd'hui le retour des troupeaux là-haut ? Le conseil vote...

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  • Jean-Luc persécuté

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 25 Avril 2020 - Entrée pnb : 26 Avril 2020

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "Comme il avait été convenu qu'il irait, ce dimanche-là, voir une chèvre à Sasseneire, Jean-Luc Robille, après avoir mangé, prit son chapeau et son bâton. Il alla ensuite embrasser sa femme (car il l'aimait bien et il n'y avait que deux ans qu'ils étaient mariés). Elle lui demanda : - Quand seras-tu rentré ? Il répondit : - Vers les six heures. Il reprit : - Mais il faut que je me dépêche parce que Simon doit m'attendre, et il n'aime pas qu'on le fasse attendre. Cependant, avant de sortir, marchant sur la pointe des pieds, il s'en fut à la chambre et alla au berceau où le petit, qu'ils avaient eu ensemble l'année d'avant, dormait. « Fais attention ! » cria Christine. Et lui, s'étant penché, il ne l'embrassa point, comme il avait eu l'intention de faire, il le regardait seulement dormir. C'était un gros garçon de onze mois et deux semaines (car on compte les semaines et les jours au commencement), avec des joues comme vernies, et une grosse tête ronde, enfoncée au creux du coussin. Et, le berceau, c'était Jean-Luc qui l'avait fait lui-même de beau mélèze, ayant travaillé le menuisier (comme on dit) et appris le métier, avant de se mettre au bien de sa mère, quand son père vivait encore. Il se tint donc penché là un moment, regardant dormir le petit. Puis, ayant retraversé la cuisine et ouvert la porte de la maison : « Adieu ! femme », dit-il encore, et il embrassa encore Christine." Jean-Luc vit avec Christine et leur jeune fils Henri, dans un petit village du Valais (Suisse). Un jour, il s'aperçoit que son épouse est retournée voir son ancien amoureux, Augustin... De drame en drame, le destin est en marche...

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  • Aline

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 14 Février 2020 - Entrée pnb : 15 Février 2020

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "Julien Damon rentrait de faucher. Il faisait une grande chaleur. Le ciel était comme de la tôle peinte, l'air ne bougeait pas. On voyait, l'un à côté de l'autre, les carrés blanchissants de l'avoine et les carrés blonds du froment ; plus loin, les vergers entouraient le village avec ses toits rouges et ses toits bruns ; et puis des bourdons passaient. Il était midi. C'est l'heure où les petites grenouilles souffrent au creux des mottes, à cause du soleil qui a bu la rosée, et leur gorge lisse saute vite. Il y a sur les talus une odeur de corne brûlée. Lorsque Julien passait près des buissons, les moineaux s'envolaient de dedans tous ensemble, comme une pierre qui éclate. Il allait tranquillement, ayant chaud, et aussi parce que son humeur était de ne pas se presser. Il fumait un bout de cigare et laissait sa tête pendre entre ses épaules carrées. Parfois, il s'arrêtait sous un arbre ; alors l'ombre entrait par sa chemise ouverte ; puis, relevant son chapeau, il s'essuyait le front avec son bras ; et, quand il ressortait au soleil, sa faux brillait tout à coup comme une flamme. Il reprenait son pas égal. Il ne regardait pas autour de lui, connaissant toute chose et jusqu'aux pierres du chemin dans cette campagne où rien ne change, sinon les saisons qui s'y marquent par les foins qui mûrissent ou les feuilles qui tombent. Et il songeait seulement que le dîner devait être prêt et qu'il avait faim. Mais, comme il arrivait à la route, il s'arrêta tout à coup, mettant la main sur ses yeux. C'était une femme qui venait. Elle semblait avoir une robe en poussière rose. Il se dit : « Est-ce que ça serait Aline ?... » Et, lorsqu'elle fut plus près, il vit que c'était bien elle. Alors il sentit un petit coup au coeur. Elle marchait vite, ils se furent bientôt rejoints." Aline, de condition modeste, est amoureux de Julien, fils d'un riche paysan. Pour elle, c'est la passion mais Julien est-il vraiment amoureux ? 1er roman de Charles-Ferdinand Ramuz. Court roman.

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  • Si le soleil ne revenait pas

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 17 Juillet 2020 - Entrée pnb : 18 Juillet 2020

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "Vers les quatre heures et demie, ce jour-là, Denis Revaz sortit de chez lui. Il eut de la peine à descendre les marches de son perron ; il boitait assez bas et s'appuyait sur une canne. C'était son genou qui n'« allait pas » comme il disait ; et on lui disait : « Comment va votre genou ? » Il répondait : « Il ne va pas fort ». Ainsi il a longé non sans difficulté, d'un bout à l'autre, la petite rue qui traverse le village ; il s'était engagé ensuite sur sa gauche dans un sentier qui menait à une maison, bâtie un peu en dehors et un peu au-dessus des autres maisons. À peine si on l'apercevait encore dans l'ombre, cette maison ; on distinguait pourtant que c'était une maison de pierre avec un toit couvert en grosses dalles d'ardoise et il se confondait par sa couleur avec la nuit, mais est-ce bien la nuit qu'il faut dire ? ou est-ce le brouillard ? ou bien est-ce encore autre chose ? parce qu'il y avait déjà plus de quinze jours que le soleil était disparu derrière les montagnes pour ne reparaître que six mois plus tard. Et puis c'était ce genou qui n'allait pas. Revaz s'était arrêté un instant pour laisser se calmer la douleur et, dans l'obscurité grandissante, voilà qu'on avait vu, par l'ouverture des deux fenêtres qu'il y avait au rez-de-chaussée sur le devant de la maison, une lueur roussâtre se mettre à bouger comme une aile de chauve-souris. Ces fenêtres, qui n'avaient ni contrevents, ni rideaux, occupaient le bas de la façade traversée obliquement par une large lézarde qui faisait penser à une page de cahier qu'on aurait biffée à la plume ; on voyait derrière les vitres monter, descendre, paraître, disparaître cette lueur, comme un lambeau d'étoffe déteinte qu'on aurait agité derrière les carreaux. Ce qui a fait que Revaz a été tout de suite assuré qu'Anzévui était chez lui (d'ailleurs comment n'y aurait-il pas été ?) et Revaz s'était remis en route malgré son genou malade et la raideur du sentier, mais heureusement que le trajet n'était pas long." 1937. L'hiver, le soleil ne brille jamais dans le village de Saint-Martin-d'En-Haut (Suisse). Les habitants en ont l'habitude. Mais cette année-là, Anzevui, le vieux guérisseur, annonce que le soleil ne reviendra plus jamais... C'est écrit dans les livres...

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  • La Séparation des races

    C.-F. Ramuz; Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 9 Novembre 2020 - Entrée pnb : 11 Novembre 2020

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Charles-Ferdinand Ramuz. Sur les versants opposés d'une montagnes du Valais vivent deux groupes ethniques entre lesquels existent des divergences profondes de langue, de religion et de coutumes. La montagne qui pourrait rapprocher à son sommet ceux du versant nord, des Alémaniques grands et blonds, et ceux du versant sud, des Italophones très bruns, les sépare au contraire inexorablement en formant un rempart permanent de neige. Le rapt d'une jeune fille, accompli à la suite d'un pari par le berger Firmin séduit par sa beauté blonde, est le noeud du roman. La séparation des races est symbolisée par l'amour impossible entre les deux personnages car Frieda, la jeune femme, médite silencieusement sa vengeance d'où ne sortira que mort et dévastation. La naturalisme tragique de C.-F. Ramuz trouve ici une de ses plus fortes expressions.

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  • Derborence

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 11 Novembre 2020 - Entrée pnb : 13 Novembre 2020

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "Il tenait de la main droite une espèce de long bâton noirci du bout qu'il enfonçait par moment dans le feu ; l'autre main reposait sur sa cuisse gauche. C'était le vingt-deux juin, vers les neuf heures du soir. Il faisait monter du feu avec son bâton des étincelles ; elles restaient accrochées au mur couvert de suie où elles brillaient comme des étoiles dans un ciel noir. On le voyait mieux alors, un instant, Séraphin, pendant qu'il faisait tenir son tisonnier tranquille ; on voyait mieux également, en face de lui, un autre homme qui était beaucoup plus jeune, et lui aussi était accoudé des deux bras sur ses genoux remontés, la tête en avant. - Eh bien, disait Séraphin, c'est-à-dire le plus vieux, je vois ça... Tu t'ennuies. Il regardait Antoine, puis s'est mis à sourire dans sa barbiche blanche : - Il n'y a pourtant pas si longtemps qu'on est montés. Ils étaient montés vers le quinze juin avec ceux d'Aïre, et une ou deux familles d'un village voisin qui s'appelle Premier : ça ne faisait pas beaucoup de jours, en effet. Séraphin s'était remis à tisonner les braises où il avait jeté une ou deux branches de sapin ; et les branches de sapin prirent feu, si bien qu'on voyait parfaitement les deux hommes, assis en face l'un de l'autre, de chaque côté du foyer, chacun sur le bout de son banc : l'un déjà âgé, sec, assez grand, avec de petits yeux clairs enfoncés dans des orbites sans sourcils, sous un vieux chapeau de feutre ; l'autre beaucoup plus jeune, ayant de vingt à vingt-cinq ans, et qui avait une chemise blanche, une veste brune, une petite moustache noire, les cheveux noirs et taillés court." Séraphin et Antoine sont montés aux alpages mais Antoine, fraîchement marié, s'ennuie déjà de sa femme. Un gigantesque éboulement survient : il n'y a aucun survivant...

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  • Les circonstances de la vie Nouv.

    Les circonstances de la vie

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Parution : 16 Avril 2021 - Entrée pnb : 18 Avril 2021

    Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) "D'un côté de l'entrée, se trouvait la boulangerie et de l'autre un horloger. Il fallait suivre un long corridor, et monter un petit escalier de pierre. Le bureau était au premier étage ; on lisait en lettres noires sur une plaque de tôle émaillée : ÉMILE MAGNENAT Notaire Plus bas : Entrez sans heurter C'était donc là. Alors, si on entrait, on arrivait d'abord dans un couloir mal éclairé ; ensuite, par la porte à gauche, dans la chambre du commis. Il y avait un pupitre en sapin, pareil à ceux qu'on a dans les écoles, seulement beaucoup plus grand. Il était verni en noir, on voyait dedans toute la fenêtre, avec le dessin des rideaux ; parmi le reflet argenté, l'encre faisait des taches mates, et le buvard à coins de cuir avait, sur chaque feuillet, un calendrier imprimé." Emile est notaire à Arsens, dans le canton de Vaud. Ambitieux mais d'intelligence moyenne, il va bientôt épouser Hélène qui est de santé fragile. Le ménage va vite être sous la coupe de Mme Buttet, mère d'Hélène. Elle renvoie la domestique... Arrive alors Frieda...

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