Entreprise, économie & droit

  • Libres d'obéir ; le management, du nazisme à aujourd'hui

    Johann Chapoutot

    Parution : 9 Janvier 2020 - Entrée pnb : 12 Décembre 2019

    Reinhard Höhn (1904-2000) est l'archétype de l'intellectuel technocrate au service du IIIe Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l'État au profit de la 'communauté' définie par la race et son 'espace vital'. Brillant fonctionnaire de la SS - il termine la guerre comme Oberführer (général) -, il nourrit la réflexion nazie sur l'adaptation des institutions au Grand Reich à venir - quelles structures et quelles réformes? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l'élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l'organisation hiérarchique du travail par définition d'objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l'Est, exterminer les Juifs.
    Passé les années 1980, d'autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.

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  • Secret défense

    Hervé Temime

    Parution : 24 Septembre 2020 - Entrée pnb : 30 Août 2020

    La défense du secret dans la vie professionnelle et personnelle est le fil rouge de cet hommage au métier d'avocat. Hervé Temime revient sur sa trajectoire d'« avocat des puissants ». Il nous raconte des affaires judiciaires connues et méconnues, analyse les mécanismes de la justice française avec ses failles, ses forces, et explicite, non sans ironie, ses rapports avec les médias.La société française de plus en plus judiciarisée prône la transparence et le jugement. Hervé Temime plaide, lui, pour le droit au secret et à l'ambiguïté. Nos libertés en dépendent. Il n'y a pas une seule vérité des hommes et il est nécessaire de rappeler ces mots de Malraux : « La vérité d'un homme c'est d'abord ce qu'il cache. »

    Grand avocat pénaliste, Hervé Temime a notamment assuré la défense de Bernard Tapie, Roman Polanski, Jacques Servier, Gérard Depardieu, la famille Le Roux dans l'affaire Maurice Agnelet et Thierry Herzog dans l'affaire Bismuth.

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  • La culture de la croissance ; les origines de l'économie moderne

    Joêl Mokyr

    Parution : 27 Février 2020 - Entrée pnb : 5 Février 2020

    À la fin du XVIIIe siècle, une floraison d'inventions techniques a donné naissance à la Révolution industrielle et à la croissance économique régulière dont est issue la prospérité sans précédent d'aujourd'hui. Or, si le déroulement de cet épisode capital est désormais bien connu, ses origines demeurent mystérieuses. Pourquoi la Révolution industrielle s'est-elle produite en Occident et pas ailleurs ?
    La thèse de Joel Mokyr est qu'elle a été rendue possible par une culture de la croissance propre à l'Europe moderne et consacrée par les Lumières européennes. Les bases en ont été jetées dans la période 1500-1700, qui a vu les premières avancées scientifiques et techniques destinées à nourrir les développements explosifs de la suite. Elle a été favorisée par la fragmentation politique de l'Europe. Celle-ci a créé les conditions d'un "marché des idées" fonctionnant autour de la République des Lettres et assurant à la fois la protection des novateurs hétérodoxes et la circulation de leurs travaux.
    La comparaison avec la Chine achève de faire ressortir cette particularité européenne. En dépit de niveaux d'activité intellectuelle et technologique similaires, la version chinoise des Lumières est demeurée sous le contrôle de l'élite dirigeante, là où le polycentrisme européen a permis son expression indépendante.
    Combinant histoire économique, histoire des sciences et des techniques et histoire intellectuelle, Joel Mokyr montre, contre le préjugé selon lequel les idées ne sont que le reflet de l'infrastructure matérielle, comment la culture, les croyances, les valeurs ont été le facteur décisif de la transformation sociale.
    Un nouveau regard sur les racines de la modernité qui éclairera tous ceux qui s'interrogent sur la place que l'économie a prise dans notre monde.

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  • Des délits et des peines

    Cesare Beccaria

    Parution : 1 Octobre 2015 - Entrée pnb : 16 Septembre 2015

    À une époque de transition entre l'ancien régime et la modernité du droit pénal, Cesare Beccaria opère une rupture dans le domaine juridique et politique, en direction d'une laïcisation de la justice criminelle. Dans le droit de punir moderne, dont le philosophe et juriste milanais dessine les contours, la peine devient une nécessité sociale, née d'une concession minimale de la liberté des citoyens. Clarté et utilité des lois pénales, proportion entre peines et délits, promptitude et modération des peines, dépénalisation et prévention plutôt que répression, telles sont les exigences énoncées avec éclat dans Des délits et des peines en 1764.

    Salué par Voltaire et les Encyclopédistes, l'ouvrage a été au centre des débats sur la réforme criminelle au cours des dernières décennies du XVIIIe siècle. La Révolution française a consacré ses principes. Une bonne partie du droit pénal européen est issue de ce petit livre italien. Ses combats restent néanmoins toujours d'actualité dans le monde, qu'il s'agisse de celui contre la peine de mort ou de celui contre la torture. Sa vigueur de pensée en fait une référence toutes les fois où les systèmes juridiques sont mis à l'épreuve de l'inhumanité, lorsque "les lois permettent qu'en certaines circonstances l'homme cesse d'être personne et devienne chose".

    Des délits et des peines sont présentés ici dans une nouvelle traduction, le plus littérale possible, accompagnée d'un apparat critique veillant à éclaircir les passages les plus complexes et à indiquer au lecteur les principales articulations de la pensée de l'auteur.

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  • L'homme économique ; essai sur les racines du néolibéralisme

    Christian Laval

    Parution : 7 Septembre 2017 - Entrée pnb : 20 Août 2017

    Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d'existence des êtres et des biens.
    Il n'est pourtant que la pointe émergée d'une conception anthropologique globale qu'au fil des siècles l'Occident a élaborée. Celle-ci pose que l'univers social est régi par la préférence que chacun s'accorde à lui-même, par l'intérêt qui l'anime à entretenir les relations avec autrui, voire l'utilité qu'il représente pour tous. La définition de l'homme comme "machine à calculer" s'étend bien au-delà de la sphère étroite de l'économie, elle fonde une conception complète, cohérente, de l'homme intéressé, ambitionnant même un temps de régir jusqu'aux formes correctes de la pensée, à l'expression juste du langage, à l'épanouissement droit des corps.
    Cette anthropologie utilitariste, fondement spécifique de la morale et de la politique en Occident, fait retour avec le néolibéralisme contemporain sous des formes nouvelles.
    En retraçant, dans un vaste tableau d'histoire et de philosophie, les racines du néolibéralisme, Christian Laval donne à voir la forme, le contenu, la nature de la normativité occidentale moderne telle qu'elle s'affirme aujourd'hui dans sa prétention à être la seule vérité sociale, à se poser en seule réalité possible.

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  • Nouvelles leçons d'économie contemporaine

    Philippe Simonnot

    Parution : 4 Janvier 2018 - Entrée pnb : 29 Novembre 2017

    Voilà vingt ans paraissaient les 39 leçons d'économie contemporaine de Philippe Simonnot. Malgré leur succès jamais démenti, il fallait tenir compte des changements stupéfiants qui se sont produits depuis lors. Le propos demeure : il s'agit de rendre compte le plus clairement et le plus complètement possible des questions brûlantes que se posent nos contemporains sur ce qu'ils vivent hic et nunc, et de tenter d'y répondre avec les possibilités certes riches, mais non infinies, qu'offre la science économique lorsqu'elle est clairement enseignée.

    Dix leçons supplémentaires ont été rajoutées sur : l'incapacité de l'économiste à livrer des prévisions chiffrées ; le pourquoi et le comment de la méga-crise de 2008 ; les relations curieuses de la religion avec l'économie ; l'épuisement supposé du pétrole et des autres matières premières ; les migrations de masse et leur rapport avec la liberté et le droit de propriété ; le retour éventuel à la monnaie-or ; enfin l'avenir même de l'économie de marché.

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  • Le théâtre juridique ; une histoire de la construction du droit

    Jacques Krynen

    Parution : 1 Novembre 2018 - Entrée pnb : 22 Septembre 2018

    Au XXe siècle le droit semble avoir tout colonisé. On trouve du droit partout, du droit pour tous, du droit pour tout. Certains observateurs dénoncent l'inefficace et suffocante portée d'un tel phénomène, d'autres en éclairent les formes et les causes immédiates.
    Différent est l'objet de ce livre : considérant le natif et continuel besoin de droit de l'Occident, il s'attache à sa construction depuis l'Antiquité, met ainsi en vaste perspective son emballement contemporain. Sont retracés la tâche et le fonctionnement séculaires de chacune des trois forces créatrices de la normativité juridique : la science du droit, la législation, la juris-diction. Est également résumée l'histoire longue de leur action conjuguée puisque, depuis la naissance médiévale des États, aucune de ces forces n'a pu s'affirmer sans les autres. Elles ont joué ensemble et c'est dans l'interdépendance qu'elles élaborent encore, à l'échelle européenne et internationale, ces
    normes innombrables venant supplanter les droits nationaux.
    Le savant, la loi, le juge. Quels que soient l'époque ou le régime, cette
    bâtisseuse triade n'oeuvre cependant pas régulièrement dans l'harmonie. Au travers d'un moment ou d'un acteur de la construction du droit en France, Jacques Krynen met en relief la rivalité chronique marquant les relations entre la législation issue du politique, et la juris-diction issue des tribunaux. Cette rivalité peut être source de fortes tensions et nuit au caractère obligatoire du droit. La scène du théâtre juridique, jamais assujettie à de précises partitions, fera toujours place aux libres montages, aux débordements et improvisations.

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  • à quoi nous sert le droit ?

    Jacques Commaille

    Parution : 15 Octobre 2015 - Entrée pnb : 21 Octobre 2015

    Libre-échange mondialisé, développement des nouvelles technologies financières ou culturelles, juridictions nationales contre Cour européenne, mais aussi recours d'ouvriers licenciés contre des plans sociaux, actions collectives d'actionnaires ou procès d'irradiés pour mise en danger de la vie d'autrui : il n'est de jour où se produisent, sous nos yeux, des mutations contemporaines du droit.

    Or la situation du droit est des plus paradoxales : pratique qui vise à ordonner les rapports sociaux et les échanges économiques, son importance pour le fonctionnement des sociétés et pour sa compréhension conduit trop souvent encore la Faculté à enseigner le droit comme un savoir strictement clos sur lui-même, qui se construit théoriquement en s'interrogeant seul sur sa propre rationalité et ses fondements. Le droit serait, en surplomb des sociétés, une norme.
    Chaque jour, mobilisé au coeur de la société pour faire avancer des revendications ou atténuer des obstacles à la libre circulation des biens, le droit est une source, dont s'inspirent, par exemple, citoyens ou lobbies pour faire triompher leurs causes.

    En ce sens, nul ne peut échapper désormais à la question : à quoi aujourd'hui sert le droit ?

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  • La nouvelle économie politique ; une idéologie du XXIe siècle

    Olivier Bomsel

    Parution : 19 Avril 2017 - Entrée pnb : 25 Mars 2017

    Les apparences sont trompeuses : la mondialisation laisse accroire que l'économie est partout, qu'elle triomphe des États et mine leur souveraineté. Or une nouvelle économie politique, développée surtout dans les pays anglo-saxons et que cet ouvrage entend faire connaître en France, soutient résolument l'inverse : l'économie ne peut se comprendre sans le rôle des institutions, c'est-à-dire, selon Douglass North, "les règles du jeu de la société ou, plus formellement, les contraintes conçues par l'homme qui façonnent les interactions humaines."

    Ces règles, issues de la coutume, de la religion, de la politique ou du droit de chaque culture, déterminent la coordination et les performances économiques des sociétés. La Grèce des années 2010 est surendettée parce qu'elle peine à collecter l'impôt, à fixer le cadastre, à se défaire de pratiques clientélistes qui, depuis cent cinquante ans, ruinent ses finances publiques, parasitent l'État de droit, désespèrent l'opinion. Son défaut est institutionnel. La monnaie commune le transmet au reste de l'Europe. Laquelle est confrontée, dans des formes désormais pacifiques, à la régulation institutionnelle de ses États. Dans la mondialisation, c'est désormais sur les institutions que porte la concurrence car celles-ci façonnent la compétitivité des territoires.

    La plupart des institutions préexistant au développement de l'économie, la nouvelle économie politique des "ordres sociaux" nous rappelle que la manière dont s'évalue le profit dérivable de telle ou telle action dépend avant tout des règles sociales en vigueur et des conditions de leur application.

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  • Penser la loi ; essai sur le législateur des temps modernes

    Denis Baranger

    Parution : 25 Janvier 2018 - Entrée pnb : 9 Janvier 2018

    Nos démocraties font des lois en abondance. Mais à force de légiférer, la raison d'être des lois a fini par nous échapper : souvent, elles répondent à nos attentes immédiates plutôt que de se mettre au service du bien commun. Pourquoi cette inadéquation des lois à l'esprit des lois ? Il faut remonter aux grands penseurs de la politique moderne, Montesquieu ou Rousseau, pour le comprendre. Ils ont placé la loi au coeur de l'action politique : se gouverner soi-même c'est avant tout légiférer. Mais ils n'ont pas livré le mode d'emploi de cet acte fondamental. D'autres ont tenté, avec plus ou moins de succès, d'armer la loi d'un discours de la méthode.

    Ce livre reconstitue l'histoire de cette ambition prométhéenne : penser le travail du législateur à la fois comme oeuvre de la raison et comme activité empirique. Il revisite la loi des temps anciens et sa métamorphose, à l'épreuve de notre modernité politique, en une multiplicité de législations : autrefois le Prince faisait loi, aujourd'hui chaque législation nouvelle s'incorpore dans tout un système.
    Nous ne pouvons nier notre dette envers les fondateurs d'une science de la législation, écrit Denis Baranger. Il reste que notre usage de la loi doit autant sinon plus aux praticiens du droit - magistrats, avocats, jurisconsultes - qui sont les porteurs d'un savoir bâti au fil d'une expérience indéfiniment remise sur le métier.

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  • Expulsions ; brutalité et complexité dans l'économie globale

    Saskia Sassen

    Parution : 25 Janvier 2016 - Entrée pnb : 20 Décembre 2015

    Expulsions? Entre autres exemples, ce sont neuf millions de familles américaines chassées de leur foyer par la saisie de leur maison suite à la transformation de leur crédit d'accession à la propriété en produits financiers à haut risque ; ces millions d'Européens ou d'Américains du Sud exclus de leur travail suite aux plans d'austérité imposés par des institutions internationales ; ces millions d'éleveurs ou de cultivateurs expulsés de leurs terres parce que leur État les a vendues à un autre afin que celui-ci puisse développer les productions nécessaires à l'alimentation de ses classes moyennes ; ce sont ces gaz à effet de serre que les puissances industrielles et productivistes libèrent à chaque instant ou bien encore ces nappes phréatiques asséchées par les procédés ravageurs d'extraction du gaz de schiste.
    Nombre de spécialistes, aveuglés par la complexité, verront dans cette énumération des mots en laisse. Faisant fi des frontières comme de nos catégories impuissantes désormais à penser le monde que nous faisons (Nord contre Sud ; riches contre pauvres ; mauvais usage de la technologie ou pathologies dérivées de la financiarisation affolée de l'économie, etc.), Saskia Sassen montre que derrière cette apparente diversité s'opère une terrible convergence : la violence désormais ordinaire du capitalisme à son stade global s'explique par un modèle, un concept - celui d'expulsion.
    C'est ainsi qu'il convient de nommer la logique qui préside à l'économie globalisée.

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  • L'esprit démocratique des lois

    Dominique Schnapper

    Parution : 13 Février 2014 - Entrée pnb : 5 Avril 2014

    Il y a un malaise dans la démocratie. Jamais cependant les sociétés n'ont été aussi libres, aussi tolérantes et aussi riches, n'ont assuré plus de libertés, plus de bien-être matériel à leurs membres et n'ont été moins inégalitaires.

    Dominique Schnapper, poursuivant sa réflexion sur la dynamique démocratique et ses vertus dont nous profitons sans en prendre toujours conscience tant elles nous paraissent naturelles, analyse ici ses dévoiements possibles, susceptibles de remettre en question les grands principes qui la fondent - des dévoiements portés par l'ambition de dépasser toutes les limites, nés de l'intérieur de la vie sociale et dans son prolongement. Il suffirait de donner à chaque principe son sens plein, en allant au bout de sa logique, jusqu'à l'excès qui risque de le déformer.
    La démocratie ne peut que se trahir elle-même, incapable d'être à la hauteur de ses ambitions. Il importe donc de saisir le moment où cet écart entre les aspirations des individus et la réalité des pratiques sociales finirait par remettre en question le sens même de l'ordre démocratique. Ainsi, la forme moderne de l'hubris ne serait-elle pas le rêve d'échapper aux contraintes biologiques et sociales de la condition humaine, nourri par les avancées remarquables de la science et par la puissance de l'aspiration démocratique ?

    Prix littéraire Paris-Liège 2015
    Prix de l'essai de l'Express 2014

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  • L'économie immatérielle ; industries et marchés d'expériences

    Olivier Bomsel

    Parution : 24 Février 2010 - Entrée pnb : 9 Novembre 2014

    ´R chaque instant sur Google et autres moteurs de recherche s'inscrivent des milliers de requetes et, avec elles, des milliers de marchés. Pas un jour ou n'apparaissent un produit, un service fondé sur le codage, le traitement, la circulation de l'information. Pour chaque mot demandé, des entreprises paient afin d'etre vues et de vendre. Les mots sont au cur de l'économie : ils organisent la division du travail, les échanges, les moyens de production.
    Cette économie qu'on appelle numérique, de l'information, de la connaissance ou de la communication s'exprime désormais dans une écriture minimale et dématérialisée : le code {0,1}. La dématérialisation de l'écriture et sa circulation mondiale instantanée bouleversent nos représentations de l'économie. Comment percevoir et formaliser une économie immatérielle, sachant que les discours économiques dont nous héritons se sont élaborés ´r partir d'une physiologie de la marchandise, chose matérielle et tangible?
    Loin d'occulter la production et les échanges physiques ou de les cantonner ´r certaines régions du globe, l'économie immatérielle montre qu'ils ne progressent, ne s'étendent et ne se régulent qu'au prix de flux croissants d'informations. Mots, images, réseaux de significations sont les nouveaux leviers de la rationalisation des ressources, des échanges et, surtout, de la coordination des individus par incitations et partage d'expériences. L'économie immatérielle ouvre l'cre des industries et des marchés d'expériences.

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  • L'air du temps, chez les économistes, les sociologues, voire les historiens, est à la réflexion : existe-t-il une alternative à cette forme nouvelle d'ensauvagement qu'est devenu le libéralisme économique, pour lequel tout peut désormais s'échanger, y compris la vie, comme des biens ordinaires?
    Réponse la plus courante : le retour à l'économie du don et le développement du microcrédit, observé dans les pays du tiers monde. Aidant les êtres à se désengluer de la misère plutôt qu'à faire fructifier l'argent sur le marché de la spéculation financière, le microcrédit est aujourd'hui paré des atours d'une économie morale, parce que solidaire.
    Ces deux formes d'activité économique ont déjà existé dans l'Europe moderne. L'économie, fondée sur la confiance et le crédit, est alors encastrée dans des enjeux sociaux qui la dépassent. Loin de consolider un cloisonnement, le crédit et sa toile embrassent toutes les hiérarchies - groupes sociaux, institutions et régions - dans des dépendances où chacun - les hommes et les femmes selon des modalités spécifiques - se trouve être à la fois prêteur et endetté. Se tissent ainsi des réseaux d'obligations en cascade, donc de pouvoir, dans les espaces géographiques et sociaux les plus variés. La relation de confiance entre créanciers et débiteurs, prêteurs et emprunteurs, constitue un lien social fondamental.
    Deux cultures économiques - la féodale et la capitaliste - se côtoient, chacune portée par des valeurs spécifiques, s'affrontent mais également s'influencent au point de se transformer. Restituer le champ des expériences possibles ou communes rend, du même geste, les multiples tensions qui traversent les sociétés : au niveau collectif, entre des sociétés d'ordre et de statut et le développement parallèle de rationalités économiques ; au niveau individuel, entre les exigences contradictoires des diverses appartenances des individus, leurs aspirations et la réalité éprouvée de leur expérience ordinaire.
    Des allers-retours entre hier et le plus contemporain, servis par le sens de l'exemple, de l'anecdote et de la narration, Laurence Fontaine en use à la manière de Marc Bloch - comme d'une baguette de sourcier -, pour l'intelligence de la réalité passée, telle qu'elle peut être reconstituée, et la préfiguration utopique d'un univers plus humain.

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  • L'arnaque ; la finance au-dessus des lois et des règles

    Jean de Maillard

    Parution : 28 Janvier 2010 - Entrée pnb : 19 Mars 2014

    Il est un aspect de la crise financicre qui a été peu abordé, sinon ´r la marge, lors de scandales ponctuels comme l'affaire Maddoff : les rapports du capitalisme financier avec la fraude et la délinquance. Or ils sont des plus troubles.
    Magistrat, auteur de plusieurs livres sur l'évolution contemporaine de la criminalité, en particulier économique, Jean de Maillard apporte un éclairage nouveau sur le développement du capitalisme dérégulé depuis une trentaine d'années. ´R rebours des idées reçues, il rattache l'écroulement de l'économie de l'automne 2008 ´r une histoire longue, ou la fraude a servi de variable d'ajustement et de mode de gestion de l'économie depuis le triomphe des idées néolibérales. La sphcre financicre s'est en effet déployée autour du brouillage de plus en plus prononcé des critcres du légal ou de l'illégal. Aussi les incantations sur les thcmes de la moralisation et la régulation ne risquent-elles gucre d'avoir de prise sur une activité qui s'est constituée précisément pour contourner les normes.
    De lecture obligatoire pour les politiques en charge de remédier ´r la crise, l'ouvrage sera utile aussi au citoyen confronté aux retombées de pratiques qui lui restent incompréhensibles ´r s'en tenir aux discours officiels ou autorisés. Il fournit des clés pour déchiffrer un domaine particulicrement opaque.

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  • Discours à la nation européenne

    Julien Benda

    Parution : 1 Octobre 2016 - Entrée pnb : 9 Septembre 2016

    "Il paraîtra plaisant de parler de nation européenne à l'heure où certains peuples de l'Europe affirment leur volonté de s'accroître aux dépens de leurs voisins avec une précision que l'histoire n'avait jamais vue, où les autres s'attachent, avec une force accrue d'autant, à conserver leur être menacé, où les moins appétents, parce que les mieux repus, n'admettent pas de résigner la plus petite partie de leur souveraineté. Pourtant, au sein de chacun de ces peuples, il existe des hommes qui veulent unir les peuples, des hommes qui pensent à "faire l'Europe". C'est à eux que je m'adresse. Souhaitant de donner à leur désir au moins l'incarnation verbale, je les nomme la nation européenne.

    Je ne m'adresse pas à tous. Parmi ces hommes, les uns cherchent ce que l'Europe, pour gagner l'existence, devra faire dans l'ordre politique, d'autres dans l'ordre économique, d'autres dans l'ordre juridique. Je n'ai point qualité pour retenir leur audience. D'autres pensent à la révolution qu'elle devra accomplir dans l'ordre intellectuel et moral. C'est à ceux-là que je parle."

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  • La trahison des économistes

    Jean-Luc Gréau

    Parution : 18 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Novembre 2014

    Le débat de fond en matière de politique économique a disparu, au moment où nous en aurions le plus besoin.
    Certes, il existe une vigoureuse protestation altermondialiste, mais son propos relève plutôt de la dénonciation que de la compréhension du capitalisme tel qu'il va. Certes, concède le discours officiel, il subsiste des nuances entre 'politiques de droite' et 'politiques de gauche', mais les prémisses en sont les mêmes. Or ce sont elles qu'il s'agit d'interroger : qu'est-ce que cette fameuse concurrence supposée avoir remède à tout? La vénérable théorie des avantages comparatifs, justifiant l'ouverture mondiale des échanges, est-elle toujours valable? Vivons-nous réellement dans une 'société post-industrielle'? Comment fonctionne la sphère financière?
    Autant de questions clés que Jean-Luc Gréau reprend ici à nouveaux frais, dans la ligne de ses précédents ouvrages, Le capitalisme malade de sa finance et L'avenir du capitalisme (1998 et 2005).

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  • Et ce sera justice...

    Roger Errera

    Parution : 14 Novembre 2013 - Entrée pnb : 5 Avril 2014

    On la dit toute-puissante, mais on la voit parfois désarmée ou dépassée. On la soupçonne de dépendre du pouvoir, mais on évoque le 'gouvernement des juges'. Les responsables politiques s'estiment dépossédés et sont tentés d'intervenir. Le corps judiciaire, profondément renouvelé, est tiraillé entre des exigences contradictoires.
    Dans cet essai original, Roger Errera examine avec rigueur les principaux problèmes qui se posent aujourd'hui à la justice. Il mesure aussi le chemin parcouru : depuis un demi-siècle, tout a changé, le métier de juge, ses pouvoirs, son statut, le droit applicable et notre société. Plus que jamais, le juge est dans la cité. La justice est l'affaire de chacun.
    Ce livre s'adresse donc aux citoyens, désormais plus exigeants et mieux informés de leurs droits, aux décideurs politiques, rappelés à leurs responsabilités, et aux membres de l'institution judiciaire.

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  • Le Capitalisme malade de sa finance

    Jean-Luc Gréau; Jean-Luc Gréau

    Parution : 11 Septembre 2013 - Entrée pnb : 18 Septembre 2014

    L'horreur, c'est de ne pas comprendre.
    Pourquoi le ralentissement durable des économies, surtout européennes, depuis 1975 ? Que signifie la "financiarisation" de l'économie qui s'est développée au cours des années 1980 ? Qu'est-ce qui fait la spécificité des nouveaux mécanismes du capitalisme qui se met en place sous nos yeux ?
    C'est à ces questions que l'ouvrage se propose de répondre. Mais pour apporter des réponses satisfaisantes, il faut remonter plus haut, jusqu'en 1945. Car il y a au fond deux mystères dans l'économie d'après-guerre : le mystère de l'exceptionnelle croissance des 'vingt-cinq glorieuses' et le mystère de la stagnation des vingt dernières années.

    Jean-Luc Gréau avance deux explications originales de ces deux phénomènes majeurs. Le livre fait ressortir le rôle central joué par la politique monétaire dans l'entretien du cercle vertueux de la croissance durant les années cinquante et soixante. Quant à la période récente, le fait fondamental est constitué à ses yeux par l'alignement pervers de l'ensemble des marchés financiers sur le fonctionnement du marché des actions. C'est cela qui, avec le choix d'une politique monétaire restrictive en Europe, explique l'effet de freinage exercé sur la sphère de la production et de la consommation. C'est là que se situe très précisément le dérèglement du mécanisme capitaliste. Le diagnostic fournit la base des thérapies possibles.

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  • La Bourse est partout, parce qu'elle est le symbole du capitalisme. Dès le XIXe siècle, la Bourse, via les sociétés anonymes par actions, a financé la révolution industrielle et le triomphe du système capitaliste. Mais, de nos jours, elle n'occuperait pas une place aussi importante si la dernière décennie n'avait été celle de toutes les folies financières.

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  • L'année 1996 dans « Le Monde »

    Le Monde/fontaine

    Parution : 1 Janvier 1997 - Entrée pnb : 19 Juin 2018

    Si, avec le temps, d'aucuns distinguent dans l'histoire des mouvements profonds, les contemporains ne perçoivent que des sauts de puce. En 1996, une paix précaire s'est instaurée en Bosnie, mais l'heure de la démocratie n'a encore sonné ni en Serbie ni en Croatie. Les élections présidentielles ont permis à la Roumanie de tourner la dernière page du communisme, mais la Tchétchénie est toujours en guerre, même larvée. L'Union européenne annonce pour bientôt la monnaie unique, mais de plus en plus nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le coût social de la politique des devises fortes. Des permanences, en revanche, il semble bien que les contemporains en voient quelques-unes : un message universaliste des États-Unis qui conjugue ouvertement démocratie et intérêts nationaux étroits ; une Asie où la Chine entend redevenir la puissance dominante et soucieuse, à Hong Kong notamment, d'écraser toute velléité de pluralisme ; un Proche-Orient où la paix ne cesse de buter sur des politiques inspirées par des orthodoxies. Mais l'an 1996 aura, hélas, une fois encore prouvé que si tous les continents, dans la société des nations, sont égaux, il en est qui le sont moins que d'autres : l'Afrique notamment, où des millions de réfugiés ont été laissés dans la plus totale déréliction et qui a vu les puissances nanties chipoter sur l'organisation d'une intervention militaire internationale à but humanitaire, puis finalement tout annuler à quelques semaines des fêtes de fin d'année. Preuve, s'il en est, que vivent toujours des damnés de la terre. Depuis 1986, les chronologies établies par le service documentation du « Monde » sont rassemblées chaque année en un volume. Enrichies d'un index détaillé, elles sont devenues un outil indispensable pour tous ceux qui, par curiosité ou nécessité étudiante ou professionnelle, souhaitent se remémorer les détails de l'histoire en train de se faire.

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  • Que s'est-il passé ´r France Télécom?
    Cette entreprise d'excellence, internationalement reconnue, faisait la fierté de ses salariés. Elle avait négocié sans ´r-coups les grands tournants technologiques et structurels imposés par l'évolution des communications.
    Il a fallu une longue série de suicides pour révéler les conséquences désastreuses d'une politique imposée ´r l'entreprise depuis le début des années 2000, avec l'introduction des principes d'un management déshumanisé. Arrivant dans ce contexte fragilisé, la crise de 2008 a balayé l'équilibre précaire entre exigence des marchés financiers et encadrement éthique des ressources humaines.
    En retraçant l'histoire récente de cette évolution de la conduite de l'entreprise, Bruno Diehl et Gérard Doublet espcrent offrir des outils de compréhension et de redressement. Au-del´r du cas France Télécom, ils décryptent les modes de gouvernance, leur évolution, leur efficacité, et montrent comment l'introduction d'un mode de management brutal et une hyperconcentration du pouvoir de décision ont conduit inexorablement au déchirement.

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  • Les catamarans légers

    Jean-Luc Wibaux

    Parution : 23 Janvier 2019 - Entrée pnb : 5 Janvier 2019

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Fun

    Hervé Hauss

    Parution : 23 Janvier 2019 - Entrée pnb : 5 Janvier 2019

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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