Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Carrousels

    Jacques Henric

    Parution : 1 Janvier 1980 - Entrée pnb : 18 Novembre 2015

    L'Italie. Le matin. La couleur rose des pierres et du ciel. Le bruit d'ailes des pigeons. Après une nuit d'un intense vacarme intérieur. Vous émergez d'un état de fatigue tenace et ancienne. Harassé et pourtant doué étrangement d'une énergie neuve. Carrousels s'ouvre sur ce réveil-là, sur cette manière de naissance-là. Un de ces moments de lucidité aiguë qu'on connaît après dépression ou usage abusif de toxiques, au cours duquel l'histoire du monde et votre histoire singulière vous apparaissent soudain dans un fantastique télescopage de formes, de couleurs, de sons et de mots. Aux souvenirs personnels, aux images de votre débâcle intime, se mêlent visages et événements de l'histoire ancienne ou contemporaine. Le roman - à la fois autobiographie, essai, carnet de voyage, poème, récit historique, journal intime... - est construit autour de trois axes : trois voyages, effectués à un court intervalle l'un de l'autre, en Grèce, à Jérusalem, en Italie. Par le lien qu'il établit entre la chute d'un seul (il y a une référence constante à la fresque de Masaccio, Adam et Eve chassés du Paradis terrestre) et la dégringolade de tous, il constitue une invite à suivre le fil d'une vérité - d'une cruauté - qui court d'une catastrophe à la suivante. Aux couleurs des pierres et du ciel italiens, ajoutons un autre rose : celui des braises sur lesquelles nous marchons et qui nous donnent parfois, comme le suggérait Sade, ce bizarre air de danser.

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  • Archées

    Jacques Henric

    Parution : 22 Décembre 2017 - Entrée pnb : 11 Mars 2018

    Archées : ce titre désigne le tir à l'arc. Mais écrire, n'est-ce pas tirer des traits sur une cible blanche, mobile ? Ce roman "raconte" comment ces deux significations s'entrecoupent, se multiplient l'une l'autre. C'est ainsi que seront évoqués, tour à tour, la poésie courtoise, les tournois - ce qu'on pourrait appeler la guerre du désir ; et, parallèlement, ce qui constitue un texte : flèches, coupes, marques - le battement du sens. Cela pour ce qui est de l'"Occident" de la narration. Le tir à l'arc, la guerre du sexe et de l'écriture : sur un tel fond se détache aussi le rappel d'un art traditionnel du Japon auquel le bouddhisme Zen a donné sa portée. Soit une pratique dont la visée est de se placer en dehors du couple sujet/objet. Cela pour l'"Orient" du livre (le tracé, le vide). Depuis le blanc initial jusqu'à la suspension finale du texte, se produit un tressage d'inscriptions mouvementées, une accumulation dynamisée de l'instance littérale, qui entaille son espace propre et s'y évanouit. Ce passage est, du même coup, celui qui va de l'appui du désir à la perte de la jouissance, et, de nouveau, au désir. Du sens au non-sens, du non-sens au sens. Pour la représentation qui se construit dans ces pages, on aura intérêt à penser au travail d'Uccello sur la perspective. Pour suivre le texte dans ses allusions, on ne manquera pas de se souvenir, entre autres, de Dante ou de Mallarmé.

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  • Chasses

    Jacques Henric

    Parution : 22 Décembre 2017 - Entrée pnb : 11 Mars 2018

    Archées procédait par blocs, fragments tassés compacts, Chasses introduit par degrés la fissure l'épars le discontinu, lire va nécessiter d'être mobile extrême, du rationnel à l'irrationnel l'un l'autre poussés à bout, suivant le rythme même de l'écriture, s'impliquer dans son aspect jeté, acté, on se déplace du dessin pariétal à la modernité picturale la plus actuelle. Importance du geste, de la couleur. Les temps forts : Uccello Vinci Cézanne ses baigneuses soldats Matisse Manet Van Gogh oreille coupée l'asile Malevich Mondrian Pollock Rothko veines ouvertes au rasoir. Chasses : ou vastes remontées à des formes archaïques jusqu'à l'inorganique du bipède avec étape homme de la préhistoire à la méduse l'éponge via le crapaud, processus ininterrompu de remémorations. Petites morts. Références mythologiques, culturelles, textuelles : toutes les aires. Rites de chasses proches des rites de naissance. Les sangs aussi. Seule compte la rapidité des passages. Pas de peintres. Pas d'oeuvres. Les quelques titres sont là comme ponctuations permettant la relance... Pulsions en acte. Leur "musique". D'où ces séquences brisées, ces ruptions multipliées. Silences massés/trombes, alternativement. Geste et couleur ne sont pas à chercher ailleurs que dans le tissu du texte. Qui va à sa place... J.H.

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  • Circus

    Maurice Roche

    Parution : 26 Avril 2018 - Entrée pnb : 25 Avril 2018

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Analogues

    Jean-Pierre Faye

    Parution : 26 Avril 2018 - Entrée pnb : 25 Avril 2018

    Voici un livre qui se développe, dirait-on, à partir de trois récits préalables et distincts, qui ont déjà eu lieu (et qui sont aussi, en effet, les trois romans jusque-là écrits par l'auteur : Entre les rues, La Cassure, Battement). Mais il n'est nul besoin de les connaître puisque, à leur intersection, ils vont à nouveau commencer dans une sorte de récit par surcroît. Ce quatrième point de vue, qui n'est autre que leur produit, et comme leur table de multiplication - ou leur table d'orientation, si l'on aime mieux - est le témoin de relations déjà présentes mais inaperçues entre des personnages que le lecteur est libre de reconnaître : Verdier, Simon et Vanini, ou Mona, El et Guiza. Relations impliquées, mais masquées - par les omissions de toute prise de vue. Gravitant autour de ce réseau de récits à l'état naissant, on peut donc dire qu'une sorte de satellite, capable de percevoir, vient tout à coup multiplier les vues. Et découvrir en même temps que son objet n'est pas ce visible, mais l'action presque simultanée du proche et du lointain - les analogies qui ouvrent et ferment de l'intérieur un espace romanesque évident dans ses superpositions rapides.

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  • Personnes

    Jean-Louis Baudry

    Parution : 18 Mars 2019 - Entrée pnb : 23 Février 2019

    Le mot personne qui vient, on le sait, du latin persona, masque de théâtre, possède, en français, un ensemble de significations apparemment contradictoires : il veut dire un homme ou une femme, mais aussi personnage ; c'est un terme de droit mais également de grammaire : « Les diverses situations des êtres par rapport à l'acte de la parole : la première personne, celle qui parle ; la seconde personne, celle à qui l'on parle ; la troisième personne, celle de qui l'on parle ». En ce sens, personne s'applique aussi aux choses : tout objet dont on parle est à la troisième personne. Les trois personnes sont désignées par les pronoms. Tour à tour, ce mot unique désigne donc, dans l'économie de la communication, quelqu'un, un sujet donné, et avec la négation ou son ellipse, nul, pas un. C'est l'ensemble de ces fonctions que souligne pour commencer le pluriel du titre. Pluriel qui introduit d'autre part à la permutation du discours, au récit qui se constitue à partir de l'écriture, lieu, non pas de « l'impersonnel », mais de l'échange et de la consumation des masques de la langue. Ce qui dit « je » dans ce récit, n'est rien d'autre que ce qui dit je, en se démultipliant, cependant, en tu, il ou elle. Chaque personne, par conséquent, peut venir occuper, comme dans la vie, la même place mouvante et inachevée : « J'habite cette surface. Les forces qui la travaillent disposent désormais de moi... Ce qui manque m'expose tel. Il n'y a rien derrière moi. Mais c'est de là que je l'appelle... C'est à eux de me voir tandis que la façade devient transparente... »

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  • Scénographie d'un tableau

    Jean-Louis Schefer

    Parution : 27 Février 2019 - Entrée pnb : 23 Février 2019

    La peinture a toujours été considérée comme l'inscription d'un "imaginaire" où l'improbabilité d'une articulation interne (la structure) renvoie paradoxalement son texte à des traductions (littéraires, esthétiques) ou à des interprétations (histoire et/ou critique d'art). C'est qu'en effet l'analyse picturale 1/ a sans cesse pris pour objet les constituants formels du tableau, c'est-à-dire une "ratio" de l'image qui n'en consacre que l'altérité (peinture/langage) ; altérité qui n'est essentiellement saisie que comme un déportement de notre lieu élocutoire. 2/ D'autre part elle n'a pu s'articuler que sur un circuit interprétatif supposant l'universalité des termes symboliques : chez Panofsky, par exemple, l'interprétation n'opère jamais que leur connexion. Par le déplacement critique de ces points de vue, l'analyse construit ici, comme probabilité structurale du tableau, la matrice à partir de laquelle tout texte (corpus) non construit sur cet espace s'y réintroduit pour le constituer : lecture et construction du tableau comme système de ses zones d'implicitation ; découverte aussi des conditions structurales d'une "pensée figurative". L'espace propre à cette pensée étant constitué par une implicitation de codes (rhétorique, numéral, géométrique, logique...) - dont la perspective s'est proposée comme la transcription symbolique (au sens analytique) et immédiatement idéologique : c'est donc un travail de désimplicitation de l'image qui articule cette analyse. La sortie en est donc double : réflexion sur le statut de l'image, mais théorie du texte représentatif - définition "structurale" d'une époque du tableau, de ce dont le tableau est aussi "épochè", retenue, suspension : de la "parenthèse" représentative. Le "titre" de ces opérations est "une partie d'échecs", tableau de Paris Bordone, peintre vénitien, élève du Titien.

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  • Jeu

    Jacqueline Risset

    Parution : 27 Février 2019 - Entrée pnb : 23 Février 2019

    Jeu se compose de quatre parties qui s'enchaînent : Récit, Après-Récit, Jeu, Méthode. C'est-à-dire qu'il (Jeu) est une partie de lui-même. Il sort du Récit qui écrit le nom, dans tous les sens, avec les fragments de « visions » qui traversent le champ biographique - champ ouvert et dissous par le récit qui commence - et saute d'un fragment à l'autre avec le seul fil de ses lettres. Récit est suivi d'un non-récit : les éléments déposés, séparés dans des listes, la fiction et l'ordre de la liste se séparent, se fixent. Jeu intervient alors comme ensemble, qui reprend les fragments et les relance. Et la Méthode vient à la fin, pour commencer. Jeu n'est pas à lire comme un « poème ». Les groupements, les images, n'y sont pas pour être goûtés, isolés en suivant. Ils y sont par rapport à leur suite, qui les vide, en retournement, sous la forme à la fois de l'application et de la loi - pour saisir la pensée quand elle agite les bases, en traversant la « philosophie », la « biographie », le « moment présent ». Ce n'est pas un jeu, il n'est pas un plan ; mais c'est un jeu : il jette.

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  • Scène

    Guy Scarpetta

    Parution : 2 Avril 2019 - Entrée pnb : 26 Mars 2019

    Scène : surface matérielle, résistante, espace où elle se joue ; texte écrit comme en retrait du théâtre et la traversant cependant, depuis ses torsions, ses ruptures. Texte double : comme si chaque « unité » était l'envers de l'autre, son non-dit, son « autre scène » ; mais pas de cohérence finale : un se divise en deux, le conflit ne se referme pas. Dans la première partie : « verset », « unité de souffle », mimant-retournant la « religion », dégageant dans la langue (mais aussi sur la page) son fond organique et signifiant dissimulé. Stratification, portée, spectrographie, laissant lire « en blanc » la mise en scène ; traversée rapide de la « dépense », de la jouissance, du geste, au plus près du sacré qu'il s'agit de faire sauter au lieu même où il perd sa langue. Mouvement dérobé et immédiatement sexuel qui resurgit avec violence dans la seconde partie : retour du refoulé, scène creuse où se joue de façon transfantasmatique ce qui déchirait silencieusement le premier texte. Théâtre hanté par la figure interdite de la femme, depuis la « scène primitive » jusqu'au récit historique contemporain où elle s'annonce autrement. Entre ces deux parties (mais aussi à l'intérieur de chacune d'elles), une dialectique se joue, incessante, entre la fragmentation funèbre, mortelle, et l'« accouchement » d'un nouveau sujet au travers de la langue, des « cultures », des mythes, des représentations, de la sexualité, de l'histoire. Dans le plus clair du théâtre (lieu du fétiche), mais aussi depuis ses « dessous », son orchestre, sa poche organique sondée. « Scène » est donc à lire comme scénographie redoublée, volume, jeu intégrant-niant l'identification, la mimesis, le masque, selon une dialectique ouverte, irrésolue : pour que le lecteur puisse à son tour jouer son rôle, entrer en scène ; pour que les lumières frappent aussi les coulisses.

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  • Relevés d'apprenti

    Pierre Boulez

    Parution : 13 Mai 2019 - Entrée pnb : 11 Mai 2019

    Dans ce volume se trouvent réunis des textes écrits par Pierre Boulez entre 1948 et 1962. C'est dire que les plus anciens sont contemporains de ses premières compositions : Première Sonate, Sonatine pour flûte et piano, Soleil des Eaux, que les plus récents datent de l'époque où il achevait le second cahier de Structures et son Portrait de Mallarmé. Dans le même temps qu'il accomplissait son métier de compositeur, Pierre Boulez était porté à en appréhender la signification ; si acquérir la maîtrise de sa technique lui était, d'évidence, une nécessité, faire l'apprentissage du penser musical ne lui semblait pas moins essentiel. C'est pourquoi il s'applique à la critique, une critique poussée parfois jusqu'à la polémique. Qu'il s'agisse de Debussy, de Stravinsky, de Schnberg, de Berg, de Webern, de l'espace de la création musicale contemporaine, ce livre se révèle donc comme un témoin historique fondamental. Le grand compositeur qu'est Pierre Boulez y éclaire admirablement la richesse, la complexité, les contradictions, les problèmes de cette musique qui est celle de notre temps, même si notre temps échoue à la reconnaître. Par là, ce recueil est déjà la somme des acquisitions définitives de la musique moderne et ouvre sur son avenir le plus rigoureux.

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  • Théorie d'ensemble

    Tel Quel (revue)

    Parution : 1 Janvier 1968 - Entrée pnb : 16 Octobre 2019

    Dans la collection Tel quel, dirigée par Philippe Sollers, Roland Barthes, Jean-Louis Baudry et Jacques Derrida se sont unis pour nous présenter ce livre, qui est une organisation de rappels et d'appels à l'autre côté d'une clôture dont le cercle serait apparu comme cercle, il y a une centaine d'années, et comme "autre côté" tout récemment. Il fallait à la fois éviter le piège métaphysique de la réunification et de la synthèse (retombée dans la clôture) et l'ignorance de l'après-coup structural ne faisant que déplacer le cercle (d'où nécessité d'interroger les fondements de plusieurs méthodes nées dans ce déplacement, par exemple l'idéologie linguistique). Voici quelles sont en somme les lignes de force de ce travail de rassemblement qui opère, quant à Tel Quel, de 1963 (date du colloque de Cerisy, cf. Tel Quel n° 17) à 1968 (date du colloque de Cluny, cf. la Nouvelle Critique, novembre 1968). Les noms de Foucault, de Barthes et de Derrida suffisent à souligner ce glissement temporel. Ceux de Lacan et d'Althusser seront retrouvés, dans leur position de leviers, à l'intérieur des différentes études.

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  • Maladie melodie

    Maurice Roche

    Parution : 1 Janvier 1980 - Entrée pnb : 12 Janvier 2017

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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