Philippe Forest

  • L'université en première ligne ; à l'heure de la dictature numérique

    Philippe Forest

    Parution : 24 Septembre 2020 - Entrée pnb : 11 Septembre 2020

    «Un système de surveillance généralisée et d'une nature nouvelle est en train d'être mis en place. Et c'est à ce système que le passage au distanciel va soumettre l'Université.»

    L'Université se retrouve en première ligne du front numérique. En ouvrant la voie à une adoption plus large du 'distanciel' dans l'enseignement supérieur, la crise pandémique va accentuer les évolutions profondes déjà engagées dans les apprentissages universitaires et leurs évaluations. Elle met au jour sa vulnérabilité aggravée à l'emprise toujours plus forte des logiques managériales sur un lieu dont la vocation critique consiste pourtant à les tenir à bonne distance. Car le numérique n'est pas une forme vide ; il porte en soi certaines manières de faire et de dire auxquelles, précisément l'Université, ne saurait sans résistance se plier, au nom d'un enseignement libre, incarné et divers - et par là aussi, de son temps. Il y a urgence à agir.

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  • Napoléon ; la fin et le commencement

    Philippe Forest

    Parution : 12 Novembre 2020 - Entrée pnb : 24 Octobre 2020

    Napoléon comparait sa vie à un roman. Il en fut le héros et l'auteur. Seul ce roman nous reste. Depuis deux siècles, il continue à s'écrire sans lui. Et avec lui se perpétue ce "songe immense mais rapide comme la nuit désordonnée qui l'avait enfanté" dont parlent les Mémoires d'outre-tombe. Chateaubriand dit de Napoléon : "Il n'a pas fait la France, la France l'a fait."
    Mais peut-être la France, au fond, Napoléon l'a-t-il faite par sa défaite autant que par ses victoires. Car, outre des institutions et des lois qui existent toujours, le vide qu'il laisse a duré plus longtemps que le monument qu'il avait édifié et dont ne nous demeurent que des vestiges et des symboles.
    "Le soleil qui s'était levé à Austerlitz, écrit Hugo, se couche sur Waterloo." Avec le romancier des Misérables, les plus grands écrivains du passé sont venus visiter la légende obscure et éclatante sous la forme de laquelle, pour notre présent, cette histoire reste encore vivante.
    Philippe Forest interroge l'aventure de cet homme, et de la France qu'il a faite, au miroir littéraire de l'épopée dont il nous a légué l'impérissable souvenir.

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  • L'oubli

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    Parution : 11 Septembre 2019 - Entrée pnb : 2 Août 2019

    "Un matin, un mot m'a manqué.
    C'est ainsi que tout a commencé.
    Un mot.
    Mais lequel, je ne sais pas."
    Un homme se réveille, convaincu d'avoir égaré un mot dans son sommeil, incapable de se le rappeler. Bientôt, cette idée prend l'allure d'une obsession.
    Avec cette fable touchante, Philippe Forest nous rappelle, comme l'a écrit un poète, que la nuit recèle en son sein le plaisir et l'oubli, qui sont les deux seuls secrets du bonheur.

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  • L'enfant eternel

    Philippe Forest

    Parution : 2 Mai 2013 - Entrée pnb : 21 Février 2014

    "J'ai fait de ma fille un être de papier. J'ai tous les soirs transformé mon bureau en théâtre d'encre où se jouaient encore ses aventures inventées. Le point final est posé. J'ai rangé le livre avec les autres. Les mots ne sont plus d'aucun secours. Je fais ce rêve. Au matin, elle m'appelle de sa voix gaie au réveil. Je monte jusqu'à sa chambre. Elle est faible et souriante. Nous disons quelques mots ordinaires. Elle ne peut plus descendre seule l'escalier. Je la prends dans mes bras. Je soulève son corps infiniment léger. Sa main gauche s'accroche à mon épaule, elle glisse autour de moi son bras droit et dans le creux de mon cou je sens la présence tendre de sa tête nue. Me tenant à la rampe, la portant, je l'emmène avec moi. Et une fois encore, vers la vie, nous descendons les marches raides de l'escalier de bois rouge."

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  • Crue

    Philippe Forest

    Parution : 4 Janvier 2018 - Entrée pnb : 28 Novembre 2017

    "Un jour, j'ai réalisé que le monde autour de moi, avec ceux qui y vivaient, était en train de disparaître sous mes yeux et que personne, sinon moi, n'en voyait rien."

    Marqué par un deuil déjà ancien, un homme décide de revenir dans la ville où il est né et où il a autrefois vécu. Tout a changé. Pourtant, petit à petit, les mêmes fantômes fidèles s'en retournent vers lui sous les apparences étranges et familières qu'ils ont désormais revêtues.

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  • Le chat de Schrödinger

    Philippe Forest

    Parution : 30 Octobre 2014 - Entrée pnb : 19 Novembre 2014

    "Attraper un chat noir dans l'obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s'il n'y en a pas.
    Je veux dire : surtout s'il n'y a pas de chat dans la nuit où l'on cherche.
    Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il. J'aurais plutôt pensé à un moine japonais. Ou bien à un humoriste anglais. Ce qui revient à peu près au même.
    Je croix comprendre ce que cette phrase signifie. Elle dit que la sagesse consiste à ne pas se mettre en quête de chimères. Que rien n'est plus vain que de partir à la chasse aux fantômes. Qu'il est absurde de prétendre capturer de ses mains un chat quand nul ne saurait discerner, même vaguement, sa forme absente dans l'épaisseur de la nuit."

    Schrödinger expliquait la théorie des particules par l'image d'un chat à la fois mort et vivant. S'amusant de ce paradoxe, Philippe Forest nous offre une méditation inspirée sur l'existence.

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  • Je reste roi de mes chagrins

    Philippe Forest

    Parution : 29 Août 2019 - Entrée pnb : 19 Juin 2019

    Le roman ressemble au théâtre puisqu'ils sont tous les deux pareils à la vie. Le monde entier est une scène, dit Shakespeare, et nous y sommes tous des acteurs. Depuis la nuit des temps, tous les soirs, les mêmes fables se répètent pour le plaisir du public. À tour de rôle, on reconnaît la sienne en n'importe laquelle des histoires qui se jouent sous nos yeux. La morale, amère, en est toujours la même : dépossédé enfin de tout ce qui fut à lui, chacun, au bout du compte, règne seulement sur les chagrins qui lui restent et dont il ne garde que le souvenir, dont il ne conserve que le secret. Mais lorsque les acteurs, sous les sifflets ou sous les applaudissements, se préparent à regagner leurs loges, une image persiste que tout homme peut peindre, s'il le souhaite, lui donnant par exemple l'apparence de cet étang où, parmi les fantômes qui flottent à la surface, il aperçoit les flèches de feu de quelques poissons d'or brillant dans la lumière qui baisse.
    Les trois coups retentissent. Le silence se fait dans la salle. Le rideau se lève. La scène se situe en Angleterre. L'action se déroule vers le milieu du vieux XXe siècle. Un homme, le plus célèbre des Premiers ministres du Royaume-Uni, pose pour un autre qui le peint. On n'en dira pas plus pour l'instant. Drame ou comédie, le spectacle peut maintenant commencer, qui raconte à chacun le récit de ce qui fit sa vie.

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  • Le siècle des nuages

    Philippe Forest

    Parution : 13 Novembre 2012 - Entrée pnb : 19 Mars 2014

    Ils descendaient depuis l'azur, laissant vers le bas grossir la forme de leur fuselage, traçant doucement leur trait au travers des nuages. Le vrombissement des quatre moteurs, juchés sur le sommet des ailes, enflait, vibrant dans le vide, résonnant jusqu'à terre. Leur ventre touchait enfin la surface de l'eau, projetant à droite et à gauche un panache puissant qui retombait en écume, bousculant tout avec des remous épais qui dérangeaient les barques amarrées et remontaient haut sur le bord des berges.
    C'était l'été sans doute. Les vacances étaient déjà commencées. Il avait couché son vélo dans l'herbe toute brûlée par la chaleur du soleil. Peut-être attendait-il allongé sur le sol ou bien se tenait-il assis sur un ponton, les jambes se balançant au-dessus du courant très lent. À perte de vue, le grand ciel bleu du beau temps recouvrait le monde. Il regardait descendre vers lui le signe en forme de croix de la carlingue et des ailes. Lorsque l'avion heurtait l'eau, le choc le ralentissait net. Forant dans le fleuve une tranchée immatérielle, il creusait son sillage entre les rives, rebondissant formidablement d'avant en arrière, basculant sur l'un et puis l'autre de ses flancs, oscillant sur ses deux flotteurs jusqu'à ce qu'il s'arrête enfin : rond avec son ventre vaste comme celui d'une baleine, inexplicable parmi les péniches et les navires de plaisance, immobile comme un paquebot étrange mouillant au beau milieu des terres.

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  • Sarinagara

    Philippe Forest

    Parution : 1 Mars 2017 - Entrée pnb : 23 Février 2017

    Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. Lorsqu'il l'écrit, Kobayashi Issa vient de perdre son unique enfant : oui, tout est néant, dit-il. Mais mystérieusement, Issa ajoute à son poème ce dernier mot dont il laisse la signification suspendue dans le vide.
    L'énigme du mot sarinagara est l'objet du roman qui unit trois histoires : celles de Kobayashi Issa (1763-1827), le dernier des grands maîtres dans l'art du haïku, de Natsume Sôseki (1867-1916), l'inventeur du roman japonais moderne, et de Yamahata Yosuke (1917-1966), qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki. Ces trois vies rêvées forment la matière dont un individu peut parfois espérer survivre à l'épreuve de la vérité la plus déchirante.
    Loin des représentations habituelles du Japon, plus loin encore des discours actuels sur le deuil et sur l'art, dans la plus exacte fidélité à une expérience qui exige cependant d'être exprimée chaque fois de façon différente et nouvelle, le texte de Philippe Forest raconte comment se réalise un rêve d'enfant. Entraînant avec lui le lecteur de Paris à Kyôto puis de Tôkyô à Kôbe, lui faisant traverser le temps de l'existence et celui de l'Histoire, ce roman reconduit le rêveur vers le lieu, singulièrement situé de l'autre côté de la terre, où se tient son souvenir le plus ancien : là où l'oubli abrite étrangement en lui la mémoire vivante du désir.

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  • Tous les enfants sauf un

    Philippe Forest

    Parution : 1 Septembre 2017 - Entrée pnb : 20 Juin 2017

    Dix ans après, Philippe Forest revient sur l'événement qui fut à l'origine de son premier roman, L'enfant éternel. Le récit d'hier est devenu un essai. Que peuvent signifier dans notre monde aujourd'hui la maladie et la mort d'un enfant?
    Le chagrin provoqué par la perte, l'effarement devant la vérité crue et la révolte exigent d'être pensés sans répit. Les mythologies mensongères, le prétendu "travail de deuil", le recours à la religion et à tous ses substituts, la sentimentalité carnassière avec laquelle la société considère la souffrance des enfants forment les questions de fond soulevées dans ce livre.
    "Tous les enfants, sauf un, grandissent", écrivait James Barrie au début de son Peter Pan. Le premier roman de Philippe Forest citait cette phrase qui donne son titre à l'essai qu'on va lire, car la mort d'une enfant constitue en soi une exception à la règle de la vie.

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  • Louis Aragon

    Philippe Forest

    Parution : 24 Septembre 2015 - Entrée pnb : 30 Septembre 2015

    Aragon s'est beaucoup raconté, en prose et en vers ; il n'a cessé d'appliquer avec virtuosité le principe du "mentir-vrai" à sa vie riche déjà de tant d'énigmes et de paradoxes : enfant illégitime à qui le secret de ses origines fut longtemps caché ; antimilitariste décoré de la Grande Guerre puis médaillé de la Résistance ; dandy dadaïste devenu militant discipliné du parti de Staline et de Thorez ; poète surréaliste converti au réalisme socialiste ; homme à femmes - et quelles femmes ! - métamorphosé en chantre de l'amour conjugal, avant de découvrir sur le tard le goût des garçons... Tous ces personnages différents n'en font qu'un seul dont l'itinéraire littéraire, intellectuel et politique transcrit le génie et le chaos du siècle.

    Philippe Forest recompose à nouveaux frais le roman somptueux de cette longue existence, avec ses chapitres glorieux et ses pages lugubres. Il révèle le jeu de miroirs par lequel se réfléchissent l'oeuvre et la vie d'un écrivain surdoué à qui aucune des formes de la littérature n'était étrangère. Et si cette oeuvre continue à nous toucher, alors que cette vie n'en finit pas de nous déconcerter, c'est qu'elle possède une jeunesse, une insolence, une énergie sur lesquelles le temps n'a guère eu de prise.

    Aragon a été aimé autant que haï, admiré autant que décrié, à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons. Il ne s'agit dans ces pages ni de l'acquitter ni de le condamner, mais d'en revenir au mystère même de celui dont on a pu dire qu'il avait été sans doute "le dernier des géants de notre temps".

    Prix Goncourt de la Biographie 2016
    Prix François Billetdoux 2016 de la SCAM

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  • Le nouvel amour

    Philippe Forest

    Parution : 6 Février 2013 - Entrée pnb : 19 Mars 2014

    "Il paraît que l'amour n'est pas la grande affaire dans l'existence des hommes, qu'ils ne grandissent pas en pensant qu'il y a devant eux cette chose affolante, ce souci d'être à quelqu'un d'autre où se tient tout le sens possible de leur vie. Il paraît que de telles fables sont l'affaire exclusive des femmes. Que ce sont elles seules qui calculent tout de leur temps en raison de l'amour qui viendra.
    Je ne sais pas. Il me semble que j'ai toujours pensé que l'amour m'attendait, que j'allais à sa rencontre, et que si par malheur je le manquais, j'aurais tout manqué avec lui. Qu'il n'y avait au fond rien d'autre que cela à attendre de la vie.
    Rien d'autre, oui, si ce n'est l'amour. Et comme l'écrit un poète, tout le reste m'est feuilles mortes."

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  • Toute la nuit

    Philippe Forest

    Parution : 9 Janvier 2013 - Entrée pnb : 21 Février 2014

    Quand vient le temps de se dire au revoir restent les mots-talismans. À l'un ou à l'autre, Pauline murmure : Je pense à toi toute la nuit ! Puis, l'un ou l'autre lui répond : Moi aussi, ma chérie, je pense à toi toute la nuit... Et c'est vrai, la pensée ne disparaît pas quand la conscience s'est assoupie. Elle lui survit et persiste... Au moment d'éteindre la lumière, il s'agit de se promettre encore qu'il n'existera pas de forme d'oubli où puisse s'effacer la présence de qui l'on a vraiment aimé. Je pense à toi toute la nuit signifie : la nuit n'est rien de plus que l'un des moments de ma pensée où je te prends (ne crains rien) avec moi. Et si elle dit : Je pense à toi toute la nuit, j'entends : Aie confiance, aie confiance, aucune nuit n'aura jamais raison de la pensée où tu vis avec moi.

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  • Une fatalité de bonheur

    Philippe Forest

    Parution : 9 Mars 2016 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    « Je prends au hasard vingt-six mots plus ou moins présents dans la poésie de Rimbaud de sorte, cependant, que leurs initiales correspondent aux vingt-six lettres de l'alphabet. Je regarde les phrases ou les vers d'où ils viennent et que je considère comme leur glose. J'en fais un texte où je les interprète comme s'ils me concernaient. Le miracle est que l'oracle dit vrai. La série des commentaires s'arrange en une sorte de roman où je retrouve celui de ma vie. »P.F. 
    De Deuil à Enfant, en passant par Gloire, Néant, Vertige ou Zanzibar, Philippe Forest propose, en vingt-six mots empruntés à l'oeuvre rimbaldienne, une lecture de sa vie. Il livre ainsi une manière d'autoportrait à la fois original et virtuose.
     

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  • Le mouvement surréaliste

    Philippe Forest

    Parution : 19 Novembre 2018 - Entrée pnb : 23 Novembre 2018

    Au sortir de la Première Guerre mondiale, quelques jeunes écrivains se saisissent d'un néologisme forgé par Guillaume Apollinaire : « surréalisme ». Leur propos est moins de fonder une nouvelle « école » que de s'engager dans une nouvelle aventure. Se refusant au cloisonnement des disciplines (littérature, peinture, cinéma) comme à celui des frontières (par son cosmopolitisme), l'histoire du surréalisme traverse le siècle. Retraçant l'évolution du mouvement de 1917 à 1966, évoquant ses dimensions politiques ou philosophiques, le présent ouvrage se penche essentiellement sur le surréalisme littéraire : celui de A. Breton et L. Aragon, P. Soupault et A. Artaud, R. Desnos et P. Éluard, R. Vitrac et R. Crevel. En ce domaine, le surréalisme se veut révolution ; il se joue de la classique division des genres, impose une vision nouvelle de la poésie, condamne roman et théâtre tout en s'attachant à les réinventer. Une nouvelle façon d'écrire s'invente qui appelle l'invention d'une nouvelle manière de lire.

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  • Après tout

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    Parution : 13 Janvier 2021 - Entrée pnb : 13 Décembre 2020

    Dans le cadre de la collection du centenaire des Puf, ouverte à des récits de vie et des savoirs de chercheurs, penseurs et écrivains voués à esquisser des horizons et ouvrir des voies d'espérance pour l'avenir, le romancier et essayiste Philippe Forest revient sur son oeuvre traversée par l'idée de deuil, l'expérience de la perte et la question de la survie.
    « J'écris pour recevoir du monde une réponse à la question que je lui pose et qui est identique à celle que, tous, écrivains ou pas, sous une forme ou sous une autre, nous lui adressons. », confie-t-il dans une conversation habitée par les souvenirs de jeunesse, par l'intérêt pour les avant-gardes, par une certaine conception de la littérature et de l'éthique politique. Au fil de l'entretien, l'écrivain met à nu tout ce qui l'anime et l'habite dans le fait d'écrire, de lire, de croire en la littérature, qui même si elle ne sauve de rien, porte sur les choses essentielles de la vie, de l'amour, de la mort. Pour lui, la littérature n'est pas là pour réparer la réalité mais pour porter témoignage de la part d'irréparable, d'irrémédiable que comporte l'existence.

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  • La perte, d'un enfant ou d'un amour, est au coeur des oeuvres de Philippe Forest et de Vincent
    Delecroix
    . L'écrivain
    Philippe Forest, dont toute l'oeuvre est construite autour de la perte de sa petite fille, et le philosophe Vincent
    Delecroix
    , spécialiste de Kierkegaard, remettent le deuil au coeur de l'existence humaine. Leur conversation part d'une colère commune contre l'expression galvaudée « faire son deuil ». Interrogeant la philosophie, la religion, la littérature, ils donnent, non des remèdes, mais des ressources pour penser « ce qui est perdu ». Dans ce beau dialogue, il s'agit au fond de se confronter à « l'impossible réel » et, tel ce personnage de Faulkner, « entre le chagrin et le néant », de préférer le chagrin.


    Philosophe et écrivain, Vincent Delecroix enseigne la philosophie de la religion à l'Ecole pratique des hautes études. Il a publié des fictions (Ce qui est perdu, Gallimard, 2006) et un très bel essai sur la musique. Il a reçu le Grand Prix de Littérature de l'Académie française pour Tombeau d'Achille.



    Philippe Forest
    est professeur de littérature. Il dirige aussi la Nouvelle Revue française. En 1997, il reçoit le prix Femina du premier roman pour
    L'Enfant éternel
    , inspiré par la mort de sa petite fille Pauline et publié chez Gallimard. Deuil qu'il ne cesse de creuser dans ses romans et ses essais.

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