Même les femmes les plus féministes se surprennent à aimer le regard conquérant des hommes sur elles ou à préférer des tâches ménagères à des activités censément plus épanouissantes. Ces désirs sont-ils incompatibles avec leur indépendance ?
Les scandales sexuels qui ont agité le monde ces dernières années ont jeté une lumière crue sur l'envers de la domination masculine : le consentement des femmes à leur propre soumission.
Tabou philosophique et point aveugle du féminisme, la soumission des femmes n'est jamais analysée en détail, dans la complexité des existences vécues. Sur les pas de Simone de Beauvoir, Manon Garcia s'y attelle avec force, parce que comprendre pourquoi les femmes se soumettent est le préalable nécessaire à toute émancipation.
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Ce panorama 2023 des grands textes pour com prendre notre époque est intégralement féminin. Pourquoi ? Pour bousculer la conversation démocratique dominée par les hommes, pour donner à découvrir des voix rares, enfin, pour tester l'hypothèse selon laquelle le point de vue des femmes, singulier et souvent marginal, mais partageable par tous, ouvre une perspective nouvelle sur l'expérience de la vie et sur la pensée.
Une sélection réalisée par la rédaction de Philosophie magazine, à partir d'articles issus des plus grands titres de la presse internationale.
NAOMI KLEIN
Guerre et climat : le péril de la nostalgie toxique
« Nous ne vaincrons pas les forces de la nostalgie toxique avec ces faibles doses de nostalgie marginalement moins toxique. Il ne suffit pas d'être
"de retour" ; nous avons désespérément besoin de nouveauté. »
MANON GARCIA
Droit à l'avortement et misogynie dans la culture française
« Si le droit à l'avortement en France est indéniablement un acquis crucial de la lutte des féministes pour l'autonomie des femmes, cela ne signifie pas pour autant que le droit des Françaises à disposer de leur corps fasse pour autant l'unanimité. »
VÉRONIQUE NAHOUM-GRAPPE
Le lendemain de l'élection de Marine Le Pen
« Un changement d'atmosphère, au début insensible, mais plus sombre et plus tendue, modifiera nos démarches, nos échanges, la manière dont nos regards se croisent dans l'espace urbain. »
SOPHIE GRACE CHAPPELL
La conscience a-t-elle un genre ?
« La forme de nos corps, et la conscience que nous avons d'eux "de l'intérieur", est une condition essentielle à la forme de notre phénoménologie : ce que cela fait d'avoir un corps humain est un élément clé de ce que cela fait d'être humain. »
ANNA TSING
Le défi de l'Anthropocène : réimaginer le futur
« La vanité de la modernité consiste en partie à prétendre qu'il n'y a rien à regretter. Que construire toutes ces choses ne mène qu'à un monde meilleur, et qu'il n'y a pas à prêter attention à ce qui se produit autour de nous, peu importe ce que peuvent engendrer les choses que nous avons construites. »
NASTASSJA MARTIN
« Je m'intéresse à la possibilité d'une métamorphose »
ANNE APPLEBAUM
« La seule solution durable est de vaincre les troupes russes »
REBECCA SOLNIT
Les Américains vivent sous la tyrannie d'une minorité proarmes et antiavortement
RUTH CHANG
Prendre des décisions difficiles : des occasions à saisir
MARYLIN MAESO
L'Ohio refuse l'avortement à une fillette de dix ans
KATE MANNE
Culture du régime alimentaire et grossophobie
VÉRONIQUE NAHOUM-GRAPPE
Le lendemain de l'élection de Marine Le Pen
ASHWINI VASANTHAKUMAR
Comment les réfugié.e.s renforcent la démocratie et la solidarité
HOLLY JEAN BUCK
Géoingénierie solaire : vers une union ou une division des nations ?
NATHALIE HEINICH
« L'universalisme est un outil de libération individuelle »
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L'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo ont mis la question des violences sexuelles au premier plan. Depuis, le consentement renvoie naturellement au consentement sexuel et amoureux, envisagé comme un sésame de l'égalité entre femmes et hommes. Pourtant, il est bien difficile à définir, et soulève trois problèmes. Le problème juridique, bien connu de celles et ceux qui suivent l'actualité, peut être résumé ainsi : que faire pour que les cas de viol, d'agression et de harcèlement sexuels soient efficacement punis ? Le deuxième problème est moral : comment penser des relations amoureuses et sexuelles qui ne soient pas fondées sur des normes sociales sexistes et inégalitaires ? Enfin, le problème politique : comment ne pas reconduire les injustices de genre qui se manifestent dans les rapports amoureux et sexuels ?
La magistrale analyse du consentement que propose Manon Garcia revisite notre héritage philosophique, plongeant au coeur de la tradition libérale, mettant à nu ses impensés et ses limites. De John Locke aux théoriciennes féministes françaises et américaines, en passant par Michel Foucault et les débats sur la pratique du BDSM, c'est une nouvelle cartographie politique de nos vies privées que dessine cet essai novateur. Au terme de ce livre, il s'agira en somme, pour reprendre la formule de Gloria Steinem, d'« érotiser l'égalité » plutôt que la domination : en ce sens, le consentement sexuel, conçu comme conversation érotique, est sans doute l'avenir de l'amour et du sexe.
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